Apprendre le comorien : le connectif et l’accompli relatif

Le connectif est une particule grammaticale qui relie deux termes dans un rapport de dépendance, le deuxième terme déterminant le premier (Exemple : masiwa ya Komori « archipel des Comores », « a » est le connectif qui s’accorde ici avec « masiwa », d’où « ya« ).

L’accompli relatif est un temps verbal qui exprime, comme son nom l’indique, l’accompli (à peu près le passé pour les verbes d’action et le présent pour les verbes d’état) en position relative (Exemple en shiNgazidja : eshiyo yasoma « le livre qu’il a lu »).

Sur le plan formel, ces deux éléments ont un comportement similaire, à ceci près que le premier est suivi uniquement d’un nominal (nom ou pronom ou groupe nominal) et prend un accord nominal, tandis que le deuxième est suivi obligatoirement d’un verbe conjugué et prend donc un accord verbal. Exemples :

  1. shiyo sha husoma « livre à lire »
    shiyo 
    sha hisaɓu « livre de calcul »
    madji ya mro (Ng) « de l’eau chaude » (littéralement : « eau de feu »)
    maji ya moro (Nz)  »
    dziwa la mɓe (Ng) « du lait de vache »
    dzia la nyombe (Nz)  »
    etc.
  2. shiyo shasomwa « un livre (qui est) lu »
    eshiyo nasoma (Ng) « le livre que j’ai lu »
    ishiyo nasoma (Nz)  »
    eshiyo rasoma (Ng) « le livre que nous avons lu »
    ishiyo rasoma (Nz)  »
    emarunɗyahulwa (Ng) « les oranges (qui sont) achetées »
    yamarundra yanunulwa (Nz)  »

Encore une fois, le shiNgazidja se distingue ici des autres dialectes comoriens, en particulier le shiNdzuani. En effet, ces éléments grammaticaux présentent deux formes possibles (allomorphes) en fonction du contexte : -a ou -aha.

  1. Pour le connectif, la forme -a est employée lorsque ce qui suit est un nom propre :emdjuhu wa Hamaɗa « le petit-fils de Hamada »
    sheisiwa sha Ndzuani « l’île de Ndzuani »
    lesiwa la Ngazidja « l’île de Ngazidja »La forme -aha est utilisée lorsque ce qui suit est :

a) un pronom qui renvoie à un possesseur :
legari lahahe « sa voiture » (littéralement « la voiture de lui »)
emwana wahangu « mon enfant » (littéralement « l’enfant de moi »)

b) un nom défini par un pré-préfixe.

Dans ce cas, la deuxième voyelle s’élide :
ledzina lahemwana « le nom de l’enfant »
emiraya yah’omdji unu « les quartiers de ce village »

  1. La règle de l’écriture du connectif est la suivante :lorsque le nom qui vient après le connectif est un nom propre ou indéfini, le connectif est écrit séparé de celui-ci. Dans tous les autres cas, il s’écrit collé à ce qui le suit, avec éventuellement le signe « apostrophe » indiquant l’élision de sa deuxième voyelle devant les pré-préfixes.
  2. Pour l’accompli relatif, la forme -a concerne les verbes plurisyllabiques et la forme -aha les verbes monosyllabiques. Dans tous les cas, la marque de l’accompli s’écrit collée au verbe. Exemples :
    emndru yafariki… « la personne qui est morte… »
    entsihu yawaswili… « le jour où il est arrivé… »mais…emndru yahafa… « la personne qui est morte… »
    entsihu yahadja… « le jour où il est arrivé… »Lorsque le verbe commence par une voyelle, la deuxième voyelle « a » de -aha est élidée. D’où :
    entsihu yahenɗa… « le jour où il est allé… »

Par Ahmed Mohamed Chamanga

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