Chers Ntzuzi (ambrevade-pois d’angol) protéine et feu Tribwa

Ntsuzi

Ibrahim YAHAYA  a écrit :

« Ah les Ntsuzi, ils en maquent bien dans notre pays! Abandon des cultures ou la population a fortement augmentée et ils subissent la loi de l’offre et de la demande? Raison du prix exorbitant ?  Ah oui les Ntsuzi aux mille vertus et aux mille préparations !

Qui d’entre  nous, en bon campagnard  ne s’est pas amusé lors de la décortication de Ntsuzi ?  Nous sommes mis en compétition pour être le plus chanceux d’avoir décortiqué le plus de grains tachetés ou couleur rouge.  »Tsi hupatsa tsainu ! »,  »Tsi hulipvi tsainu »,  avons nous souvent dit ou entendu lors des décortications des gousses .

Qui n’a pas entendu au moins une fois un griot dire  lors d’un  discours d’un grande mariage si le  marié et  la mariée  sont tous issus d’un même clan familiale:   »zinu Ntsuzi zipihwao ha nkuni za Mtsuzi » (des ambrevades cuites au feu du bois d’ambervade)

Au delà de ses usages médicinaux, les ambrevades ou pois d’Angol (Cajanus cajan comme nom scientifique), sont très riches en protéines végétales. Nos parents le savent bien car  les ambrevades peuvent  remplacer le poisson ou la viande dans la préparation de  ndrovi yanazi ou mhogo wanazi.

L’arbuste  elle même, est un très bon fertilisant du sol. En effet, appartenant à la grande famille botanique de Légumineuses, le Mtsuzi a la propriété de fixer l’azote de l’air au lieu de faire concurrence avec les autres plante de l’azote organique du sol. Là encore, nos parents le savaient bien car les ambrevades sont cultivées en association avec d’autres plantes ou  sont plantés dans un champ à jachère pour faire reposer et fertiliser le sol en même temps récolter  des gousses d’ambrevade.

Les Ntuzi sont tout  une tradition culturale scientifiquement approuvée, une cohésion familiale au moment des récoltes et des décortications, un apport azoté évident dans notre alimentation.

Mais, où est passé son cousin de même famille botanique, connu sous l’appellation de  Tribwa  en shingazidja ?  Elle,  une liane  avec des  gousses et graines plus grosses que celles de Ntsuzi. Qui l’a vue quelque part dans un champs? J’ai l’impression qu’elle a bel et bien disparu. »

 

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