Comores Télécom, un dinosaure du 21ème siècle. Par Sourane Mohamed Soulé

Une société en manque de stratégie, en manque de vision, en manque d’imagination, en manque de projet, en manque de créativité et en manque de service à livrer à ses clients est une société à l’agonie.

Comment, à l’heure où nous parlons de GSM, de GPRS, de Wi-Fi, de 3G, de Virtualisation, de Cloud Computing…

Plus de 80 % de la population comorienne n’a toujours pas accès au Web….

Où sont passées toutes ces promesses de développement ?

De l’accès à l’internet pour tous.

De l’Internet dans les villages, dans les Universités, dans les écoles dans les administrations, dans les madrassa, dans les foyers …

La décision de Comores Télécom de bloquer les communications par la VoIP pour cause d’un retour sur investissement sur les lignes RTC est irrationnelle et sans fondement commercial pour une société nationale qui prétend au développement des nouvelles technologies.

Il s’agit de l’ouverture vers le monde, de l’accès à l’information et de l’accès à la formation.

Comores Télécom n’a pas le droit de nous priver de l’accès à la connaissance.

Depuis le déploiement du haut débit dans notre pays, nous assistons à une recrudescence du niveau de service fourni par Comores Télécom (voir les témoignages des consommateurs comoriens).

Nous somme ici dans un événement à déclarer « grande catastrophe d’évolution technologique ».

Ce n’est pas à la Technologie de s’adapter à COMORES TELECOM, c’est à COMORES TELECOM de s’adapter à la Technologie et à toutes ses formes d’évolutions. Une contre évolution reste contre productive pour Comores Télécom et pour toute la société comorienne.

C’est à COMORES TELECOM de faire évoluer ses hommes, ses techniciens, ses ingénieurs, ses décideurs, ses stratèges au lieu de chercher à freiner le développement de la société comorienne sous prétexte d’un manque à gagner financier.

Il appartient à Comores Télécom de gérer la fin du Cycle de vie de ses services et de proposer des améliorations en prenant en considération l’évolution des technologies et les besoins des ses clients.

Comment discourir ou vendre un service dont on ne sait pas ce qu’il est ?

Revenons dans la partie technique :

Pour être simple : La VoIP est une technique qui permet de communiquer par la voix sur des réseaux compatible avec le Protocol IP (Internet Protocol). Il s’agit d’une technologie très complexe qui a abouti aujourd’hui grâce aux évolutions technologiques à la pointe.

Heureux les utilisateurs, heureux les Comoriens qui découvrent le progrès !

IP, VoIP, IPBX, Cable, ADSL, NUMERIS, Satellite, Wi-Fi,UMTS, 3G… reste le langage des supers ingénieurs qui considèrent que l’utilisateur n’a pas forcément besoin de comprendre.

Moi consommateur = un service = une valeur.

Je veux : – Allo Bo Ma ça va…. -Oui ça va au pays. BASS !!!

Dans la plupart des entreprises et des sociétés bien averties, les centraux téléphoniques se convertissent à l’IP et se standardisent.

Ensuite arrivent des logiciels à la portée des Internautes qui révolutionnent la communication dans les foyers, le fameux Skype, la Freebox, la Livebox la Neufbox…

La téléphonie par IP est présente aujourd’hui et personne n’a le droit de freiner l’évolution. 

Aujourd’hui, Skype est bien présent dans le poste de travail (PC) et dans les Smartphones.

Viber a fait le chemin inverse en intégrant le progrès en aval. Il était présent uniquement dans les plates-formes mobiles et maintenant il est disponible sur le poste de travail. Les systèmes d’exploitation Windows et Mac sont supportés. Dans la foulée, les versions mobiles pour Android et iOS ont également été mises à jour. L’application permet notamment de transférer les appels du poste de travail vers le mobile, et inversement.

En effet, aux Comores, la faiblesse des infrastructures filaires classiques poussera certainement vers un passage direct à la téléphonie mobile et aux Smartphones. De nombreux utilisateurs arrivant sur le marché se passeront de l’étape du PC et vont adopter directement le Smartphone. Pour notre pays le sans-fil se révèlera être une infrastructure initiale.

Etant donnée la valeur de la VoIP et la sensibilité des secteurs dans lesquels il est déployé (Gouvernement, Administration, Entreprise, défense…), la question qui se pose aujourd’hui est le niveau de sécurité à assurer lors de la fourniture d’une VoIP.

Il est temps que les entreprises et les fournisseurs de service (Comores Télécom) prennent conscience des menaces qui pèsent sur la VoIP et surtout prennent les mesures nécessaires sans porter atteinte à l’évolution.

La Logique d’une contre évolution chez Comores Télécom :

Comores Télécom nous dit :

N’utilisez pas de voiture sinon je ne vendrais pas mes chevaux.

N’utilisez pas le mobile, plutôt le filaire car il nous reste encore du câble.

N’utilisez pas l’ADSL, nous avons encore des modems analogique à vendre.

Nous ne fournissons pas d’abonnements illimités, venez recharger tous les jours votre crédit.

Et surtout Pas de Smartphone jusqu’à épuisement de notre stock de la NOKIA N32 (ça doit vous rappeler une certaine époque que nous n’avons peut être pas encore finie de traverser…)…

Et bientôt on nous dira : « Si vous n’avez pas d’argent venez dans nos cabines pour les appels en PCV ».

S’agit –il d’une ignorance, d’une incompétence ou d’une frustration de nos grands supers ingénieux ?

Il est nécessaire que les utilisateurs comprennent les enjeux de l’évolution et qu’ils ne soient pas lésés par l’ignorance du prestataire.

Quel est l’impact de la VoIP sur les Opérateurs ?

L’argumentaire de Comores Télécom et de l’ARTNIC (Autorité nationale de régulation des technologies de l’information et de la communication) reste sans fondement, digne d’une société Nationale détentrice du monopole d’exploitation de toutes les technologies et les voies de communications existantes aux Comores.

Selon l’UIT (L’Union Internationale des Télécommunications), près des deux tiers des abonnements mobiles mondiaux, sont souscrits dans des pays en voie de développement.

Au Brésil, quatrième marché de la téléphonie mobile au monde d’après GSMA, les téléphones portables sont devenus l’avenir du pays grâce à l’intégration des technologies comme la VoIP dans les Smartphones.

Aujourd’hui Orange (héritier de l’opérateur historique France Télécom) a compris les enjeux et s’introduit dans la VoIP par son service Libon  :

une application développée par Orange Vallée, filiale du groupe Orange qui permet d’appeler et d’envoyer des messages à l’international via Internet gratuitement à ses autres contacts Libon. Mais c’est aussi un répondeur intelligent et des annonces personnalisables, adaptées à ses correspondants.

Libon est une solution au fonctionnement similaire à des services comme Viber.

Avec Libon, Orange propose un service satisfaisant qui apporte de la valeur à ses clients et qui lui permet de se positionner parmi les leaders de la VoIP dans le mobile.

Voilà comment on réagit en tant que fournisseur de Service IT face à une technologie en plein essor.

Des services à développer et à vendre pour Comores Télécom (pour gagner de l’argent si c’est le but).

Comores Télécom pourrait développer d’autres services plus pertinents et plus porteurs pour les Comores à l’image de certains pays émergents.

Notre Opérateur doit être en mesure d’évoluer et de comprendre les enjeux du numérique au lieu de se cantonner à des recettes historiques.

Le haut débit avec toutes les possibilités de technologies de communication qu’il apporte reste un grand propulseur de l’économie de notre pays. La réduction des coûts de communications et la facilité d’accès à l’information sont des critères stratégiques et promoteurs de développement des nos entreprises.

Comores Télécom doit revoir sa stratégie et évoluer vers les nouveaux services.

L’évolution lui permettra de proposer des services comme, le « m-commerce » (commerce mobile), l’argent mobile, la « m-santé » (santé mobile), la « m-éducation » (éducation mobile) et les villes intelligentes grâce à des technologies comme la NFC (Communication en champ proche) et la connectivité M2M (machine-to-machine).

La NFC et le M2M sont des technologies très sollicitées aujourd’hui par les banques et qui fournirait à Comores Télécom des recettes énormes au lieu de chercher à dépouiller le petit citoyen comorien.

Reste à savoir si les supers ingénieurs de Comores Télécom sont en mesure de relever ce défit.

Qui est Sourane Mohamed Soulé?

Sourane Mohamed Soulé, ingénieur en informatique, réputé pour sa placidité, n’a pas pu garder son calme légendaire, face à l’auto-étalage d’incompétence de Comores Telecom. Il dénonce ici les arguments fallacieux de l’opérateur national et avance des propositions de produits et services que Comores Telecom pourrait offrir pour sortir  de la préhistoire de l’internet.

En France, Sourane a travaillé dans de grandes  sociétés comme Honeywell, Bull,  avant de créer en 2004 à Mayotte la société ServeU, spécialisée dans les réseaux informatiques et monétique. Parmi ses clients on compte la Banque Postale, la banque BRED, TOTAL, le Groupe SODIFRAM, SOMACO, les collectivités locales… Son entreprise jouit d’une réputation de premier plan dans les îles francophones de l’ouest de l’Océan Indien pour son expertise dans le filtrage et la sécurité informatique, la maintenance des  automates  bancaires et les  systèmes de contrôle d’accès biométrique.

Parallèlement à sa charge de chef d’entreprise, il a été  de 2006 à 2009, enseignant et coordinateur du pôle STIC-CNAM  Mayotte.

Sourane est membre de la commission des  experts de la FCC.

Said Mchangama

 

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