Conseils nutritionnels pour le mois de ramadan

Dans le forum de la FCC Monsieur Farid DHOIHARI TOILHA  a publié les conseils ci-dessous sur la bonne nutrition au mois de ramadan. Le débat qui en a suivi est tout aussi intéressant. Vous trouverez les échanges à la suite de l’article.

10 conseils santé pour mieux gérer la période du ramadan

1)     L’hydratation doit être le mot d’ordre de cette période de ramadan. Dès la rupture du jeûne, les usagers doivent boire en grande quantité. Il ne faut pas non plus oublier de s’hydrater juste avant la reprise du jeûne.

2)     Du côté de l’alimentation, mieux vaut privilégier une alimentation saine lors de la rupture du jeûne et ne pas se jeter sur les pâtisseries (farine) et sucreries (boisson) qui, même en grande quantité, ne combleront pas la faim et perturberont l’organisme.

3)     La rupture du jeûne ne doit pas être synonyme de repas trop copieux. Non seulement un repas abondant serait mauvais pour l’organisme, mais en plus cela pourrait favoriser les troubles du sommeil.

4)     Avant de repartir pour une journée de jeûne, il est recommandé de consommer des fruits pour l’apport en vitamines et surtout des sucres lents, tels que de la semoule et des céréales, pour tenir tout au long de la journée. Dans tous les cas, il est important de bien manger avant le lever du soleil, pour tenir tout au long du jour.

5)     Même si le jeûne s’étend du lever au coucher du soleil, les usagers doivent essayer de faire trois repas au cours de la journée : le premier avant le lever du jour, le second à la rupture du jeûne et le troisième quelques heures (compter deux ou trois heures) après.

6)      Si cela est possible, une sieste peut s’imposer en début d’après-midi. La période estivale invite même davantage les usagers à s’initier à cette pratique, afin de leur permettre de reprendre des forces pour le reste de la journée.

7)      Il est ainsi conseillé d’éviter le soleil et la chaleur durant le mois du ramadan. Chacun doit privilégier les pièces fraîches à l’intérieur et l’ombre à l’extérieur pour ne pas s’affaiblir trop rapidement.

8)     Même si la période du ramadan n’a aucune conséquence majeure sur la santé des usagers, il est important de réduire au maximum les efforts physiques. Les sportifs doivent notamment faire très attention à ne pas se surpasser durant le mois du ramadan.

9)     Les patients atteints de diabète sont invités à suivre régulièrement leur taux de glycémie, à s’hydrater en abondance et à fuir les sucreries pour réduire les risques sanitaires liés à cette période de jeûne.

10) Les personnes fragiles souhaitant faire le ramadan, à savoir les femmes enceintes, les personnes âgées ou encore les patients atteints d’hypertension ou d’asthme, sont appelées à consulter leur médecin traitant au moindre signe anormal. Pour une plus grande sécurité, il est recommandé de se rendre chez son médecin avant et après le ramadan.

Aniami Mchangama dit : « Merci Farid pour ces précautions. Juste un témoignage, je souffre de deux maladie dont l’une- anémie –  je dois prendre des mesure d’hygiène et d’attention et l’autre – l’hypertension –  je suis traitée. Je souffre d’hypertension avec un traitement à vie – Aldactazine et kenzen 16 – depuis une dizaine d’années. Pendant la période de Ramadan, il m’arrive de manquer d’en prendre. En effet, mes activités me font souvent rentrer très tard dans la nuit entre minuit et une heure du matin). Cela me provoque souvent des réactions du genre ; fourmis, malaise, perte de connaissance et trouble de mémoire dans la journée. Du coup je me fais violence pour me lever à 4h du matin. Même si je n’arrive pas à manger, avec mes médicaments je m’offre une orange pressée et un fruit, ce qui me permet de tenir nos 18h de Ramadan en France. »

Assoumani ABOUDOU dit : « Je ne suis pas médecin et Alhamduli’Llah je ne souffre pas de ces maux mais avez-vous essayé de consommer du lait avec des dates? Moi pendant le ramadan et cela bientôt depuis 30 ans je ne mange pas le fameux tsahu garni de chez nous, mais bien au contraire juste un grand verre de lait écrémé ou demi écrémé ou entier avec des dattes (7 ou 9) vers les 3h ou 4h du matin et mes journées sont OK! Qu’Allwahu subhanahu wa taanla par Sa grâce vous apporte Sa bénédiction en ce mois sacré que vous accomplissez malgré ce que vous décrivez »

Bakri dit : « Je voudrais juste signaler que dans le domaine nutritionnel, certains produits peuvent poser des problèmes digestifs à beaucoup de consommateurs. C’est le cas du lait que vous illustrez ici avec votre tsahu. Je dirai que vous avez beaucoup de chance car vous faites partie de près des 30 % de Comoriens qui ne présentent pas d’intolérance au lactose ou sucre du lait composé de deux sucres : le glucose et la galactose. Je joins 2 documents qui résument bien la situation. Pour rester court, je dirai que traditionnellement, dans notre pays, comme dans beaucoup d’autres touchés par ce problème, la solution repose sur la fermentation du lait qui permet aux bactéries lactiques (bactéries principales du lait) et à certaines levures de séparer le glucose et le galactose.

Intérêt nutritionnel des laits fermentés (FAO)

La fermentation du lait conduisant à la formation d’acides organiques, notamment d’acide lactique, entraîne une acidification du lait. Ces laits fermentés peuvent résulter d’ensemencements spontanés à température ambiante, ou d’ensemencements par une flore et à une température contrôlées. Ce contrôle porte sur le choix des espèces et des souches en fonction de leur intérêt technologique (texture du produit) ou organoleptique. Ces produits laitiers fermentés ajoutent leurs propriétés propres aux qualités nutritionnelles du lait utilisé. En particulier, l’acidification constitue du point de vue hygiénique un atout majeur. En effet, elle prévient la croissance de la plupart des germes pathogènes et assure, par des moyens qui peuvent être très simples, la conservation du lait.

De très nombreuses souches et espèces de bactéries lactiques sont utilisées pour la fabrication des laits fermentés (streptocoques et lactobacilles). Depuis peu, on utilise aussi des bactéries d’origine intestinale telles que les bifidobactéries. Certaines levures sont aussi utilisées, en association avec des bactéries, par exemple pour le kéfir. Par contre, les moisissures sont rarement utilisées dans la fabrication des laits fermentés traditionnels.

Traditionnellement, et plus particulièrement depuis les travaux de Metchnikoff sur le yaourt au début de ce siècle, les produits laitiers fermentés jouissent d’une image positive quant à leurs relations avec la santé. Cependant, il aura fallu attendre les années 80 pour que des faits scientifiques établissent certaines de ces propriétés. La plupart de ces travaux ont porté sur le yaourt, produit répandu, de flore simple et bien connue, pour laquelle il a été rapidement montré qu’elle était capable de survivre pendant son passage dans l’intestin, sans toutefois s’y implanter.

Autre approche :

Utilisation de lactase (enzyme) coupant le lactose, sous forme de capsules ou de tablettes en tant que complément alimentaire pour consommer du lait non fermenté. C’est la solution que j’applique à mes proches intolérants au lactose. Je signale simplement que les enzymes font partie de mes domaines d’expertise et que j’agis en connaissance de cause…

Conclusion :

La consommation de laits fermentés est à préférer au lait pasteurisé en particulier au mois du ramadan. Ce conseil est valable pour les personnes se trouvant dans un pays bien fourni dans les magasins. »

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