Déclaration Commune de la Fédération Comorienne des Consommateurs FCC et USUKANI wa MASIWA

La Fédération comorienne des Consommateurs  et Usukani wa Masiwa dénoncent le mépris du gouvernement pour les souffrances qu’endurent le consommateur et les entreprises lourdement  atteints par la hausse du prix des carburants.

Les discussions menées avec le Président de la République,  la direction de la Société Comorienne des Hydrocarbures et enfin avec le Ministre des finances ont abouti, le dimanche 30/10, à un accord sur l’annulation de la hausse uniforme de 50 KMF, sur le litre de carburant. Cet accord  a été entériné par une réunion  interministérielle. La presse rapporte avoir eu confirmation de l’accord, de plusieurs sources gouvernementales et de la SCH.

Mais le Ministère des Finances  se refuse jusqu’à l’heure de la sortie de cette déclaration à publier l’arrêté d’annulation comme convenu.

Les bilans et pièces comptables communiqués par la SCH prouvent  que les prix d’avant la hausse suffisent largement à couvrir ses achats, les coûts d’exploitation, tous ses frais  et taxes. Le problème de trésorerie (un crédit fournisseur mal expliqué) que l’ancienne direction a utilisé pour semer la confusion au sein d’un gouvernement étonnamment peu regardant, ne justifie pas la confiscation de l’argent des consommateurs pour subventionner la société. Avec une comptabilité transparente, la société peut chercher un prêt auprès des institutions financières.

Usukani wa Masiwa et la FCC sont les premières organisations à avoir saisi le gouvernement sur le problème de l’approvisionnement du carburant.  Tout en prônant  le dialogue nous  avons invité les organisations socio-professionnelles à combattre résolument dans l’unité et le respect de l’autre, la hausse injuste des prix.

Nous avons plaidé pour les journées villes mortes auprès de nos partenaires et œuvré à la forte unité d’action qui a assuré leur succès.

Nos deux organisations ont refusé de se désolidariser du rapport de l’expert qui a donné une image correcte de la situation de la société. Contrairement à ce qui a été affirmé lors d’inutiles polémiques, l’expert a pris plus de temps que celui convenu par les négociateurs pour s’acquitter de la tâche définie par l’arrêté 11-040 du Vice-président chargé du Ministère des finances à savoir « présenter de manière suffisamment claire les coûts variables incorporés à la formation du prix du carburant ».

Avec nos partenaires, nous avons rejeté « les solutions de compromis » formulées le samedi 29/10, par les autorités, à savoir :

  • réduction de moitié de la hausse de 50 F ou
  • maintien des prix de l’essence et du pétrole lampant, accompagné d’une hausse de 100% du prix du gasoil

Malgré la dénonciation unilatérale de l’expert M. Mahamoudou Ali Mohamed, accusé  de vedettariat et de sombres visées politiciennes, aucune nouvelle donnée n’est venue justifier la nécessité d’une hausse des prix.

Les consommateurs ont suffisamment subventionné la SCH par le surcoût d’environ 200 millions payé depuis la hausse

Nous appelons le gouvernement à s’engager résolument dans la voie de la raison. La population attend impatiemment la parution de l’arrêté d’annulation de la hausse. Outre les effets économiques, cela signifiera que dans notre pays, un pas en avant a eu lieu dans le dialogue entre l’état et la société civile.

Chaque jour de plus avec la hausse est un jour de confiscation de l’argent du consommateur. C’est une manœuvre délibérée et indigne pour contourner l’accord obtenu, et faire payer toute la cargaison livrée au prix contesté et désormais reconnu par le gouvernement comme injuste.

La FCC et Usukani wa Masiwa, comme les autres organisations ont fait preuve de beaucoup de patience et tout fait pour que la colère de la population soit canalisée dans un dialogue civil.

Le gouvernement aurait tort de prendre le civisme des citoyens pour une soumission résignée.

Usukani wa Masiwa et la FCC n’acceptent pas la hausse. Nous continuerons la mobilisation jusqu’à l’annulation de la hausse. Nous appellons les organisations socioprofessionnelles à reprendre le combat.

Moroni le 02 novembre 2011

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