Etat du projet routier : Tribune de Moudjmal Mohamed Issa

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Je souhaite partager ces quelques informations par rapport aux différents projets et programme de travaux routiers.

Ceux qui sont sur place commencent à sentir et voir quelques mouvements de camion et engins de travaux publics en action. Des améliorations des conditions de circulation sont visibles, même s’il reste encore beaucoup à faire pour satisfaire les usagers de ce mode de transport le plus répandu dans nos iles. L’origine des financements de ces travaux provient de fonds propres, de promesses issues de la conférence de Doha ou de l’Union européenne (10e FED).

Pour ce qui me concerne, je vais, en ma qualité de conseiller principal de l’Ordonnateur National du FED, parler du Programme d’Appui au Développement Durable du Secteur des Transports (PADDST) financé sur les ressources du 10e FED, à travers la coopération entre l’Union des Comores et l’Union européenne.

Depuis plus de 10 ans que nos routes ne sont pas entretenues, le résultat est catastrophique. Pour relier deux points donnés, le temps de trajet est multiplié par deux et le confort est à minima.

La première phase du programme vise essentiellement à développer d’actions structurantes pour que tout investissement entrepris dans le secteur routier, puisse être pérenne à travers un entretien régulier et professionnel, car comme vous le savez, la route vit et vieillit au fil du temps et à la charge supportée.

Certes, la convention de financement du PADDST est signée le 31 mars 2010 et les actions sont à ce jour, très peu visibles, mais des pas importants ont été franchis en matière d’organisation et de structuration, sans toutefois exclure le démarrage de quelques travaux. Il s’agit notamment :

  • de la loi n°12-25/AU portant programme de développement durable du secteur des transports en Union des Comores, promulguée le 04/02/2012
  • de la redynamisation du Fonds d’Entretien Routier (FER)
  • de la réorganisation des différentes Directions de la vice-présidence chargée du ministère de l’aménagement, du plan de formation et actions liées
  • du démarrage des travaux pour la route reliant Ouallah et Miringoni à Mohéli (mai 2012 pour 18 mois)
  • du lancement des travaux de cantonnage dans les iles

Entre la fin décembre 2012 et la deuxième semaine de janvier 2013, un nombre de 7 Dossiers d’appels d’offres correspondant à 7 lots (4 à Ngazidja, 3 à Ndzouani et 1 à Mohéli) pour l’entretien courant de 591 km (sur un total de 700 km) sont lancés. Les DAO sont publiés et également accessibles sur Internet à www.cellulefed.km

Les entreprises adjudicataires des marchés se verront confier un (ou plusieurs) lot(s) à entretenir pendant une période de 12 mois au titre de la première campagne annuelle d’entretien.

La sécurisation du FER laisser grandement espérer que les prochaines campagnes suivront sans difficulté de financement d’autant que le projet financé par l’UE prévoit un accompagnement dégressif (financement du reliquat non couvert par les ressources du FER à hauteur de 60% la première année, 40% la deuxième, 20% la troisième et 0% la quatrième) sur les 3 prochaines années. Pendant ce temps, les ressources locales du FER prendront progressivement le relais en assurant, 20, puis 40, puis 60, puis 80 et enfin 100% des besoins.

Relativement au Fonds d’entretien routier, le conseil d’administration est opérationnel. Le conseil a siégé plus de 2 fois depuis sa création (secteur privé majoritaire) et la présidente actuelle est une femme en la personne de Madame Jacqueline Assoumany.

L’institution fonctionne en parfaite autonomie. Elle est dotée de structures et d’outils suffisants pour mener sa mission dans l’efficacité et dans la transparence. Elle a reçu une grande contribution technique et matérielle du PADDST.

C’est avec le FER que 23 lots pour le cantonnage (entretien manuelle des routes) ont été attribués à de petites entreprises comoriennes pour un montant total de 300 millions de KMF. Les travaux ont démarré en décembre 2012. Ceux qui vivent aux Comores ont sans doute croisé dans les différentes régions, des gens équipés d’un matériel léger, entrain d’élaguer des arbres, de désherber ou de curer les fossés… en attendant le démarrage des travaux d’entretien courant avant la fin du 1er semestre 2013 (entretien mécanisé)

Il est important de noter qu’à ce jour, l’alimentation du compte du FER est régulière. Elle était faite automatiquement sur une base hebdomadaire de 10 millions de francs comoriens de mai à septembre 2012. Depuis septembre 2012, elle est passée à 15 millions de francs comoriens. Les fonds sont collectés par la Société Comorienne des Hydrocarbures (SCH) au titre de la Taxe Unique sur les Produits Pétroliers. Un audit externe est programmé sous peu afin de vérifier la conformité des versements hebdomadaires à la loi actuelle est en porter les recommandations pour l’amélioration, la sécurisation et la pérennisation du mécanisme de collecte des fonds. D’autres redevances d’usage seront certainement nécessaires pour financer à terme tout le système d’entretien routier.

Relativement à la phase 2 du PADDST (présentée par l’Union des Comores et approuvée par l’UE), qui consiste essentiellement à assurer l’entretien périodique sur nos routes, les ressources programmées permettent de couvrir près de 150 km. Le démarrage des travaux est prévu durant le 3e trimestre de cette année, mais la liste des tronçons routiers n’est pas encore arrêtée.

Avec ces moyens et l’ensemble des actions entreprises, je pense qu’on est en train de voir le bout du tunnel qui doit nous mener vers un long chemin sécurisé et plus confortable, et oublier le calvaire connu par tout un chacun pour se déplacer en voiture, à moto, à vélo, voire même à pieds.

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Moudjmal Mohamed Issa, Chargé de programme

Cellule d’Appui à l’Ordonnateur National du FED

Mail : m.mohamedissa@cellulefed.km

Terminologie

Entretien courant : travaux effectués tous les jours (réfection des nids de poule, des bas cotés, curage des fossés …)

Entretien périodique : mise en place d’une nouvelle couche de bitume pour rendre la chaussée existante étanche. L’entretien périodique se fait tous les 7 ou 10 ans en fonction des moyens à disposition.

Réhabilitation : scarification de la chaussée existante pour en faire une nouvelle route bitumée à la même place. Les dimensions peuvent être revues le cas échéant

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