Impayés et scolarité en chantier

Face à la crise éducative que traverse actuellement les Comores, le gouvernement pense à réactualiser la carte scolaire. Alors que l’amélioration du système éducatif, c’est avant tous la présence du professeur et l’amélioration des conditions du lieu d’enseignement. Est ce la réponse attendus face aux impayés répétés qu’accumule le gouvernement ?

Si la carte scolaire modifié pourrait permettre une réduction d’effectif de 50% de la masse salariale de l’éducation nationale, elle a surtout un coût non négligeable. La répartition des établissements scolaires et l’organisation de la scolarité au sein de chaque établissement suppose un personnel rattaché à toute cette organisation. Comment rénover les cartes scolaires lorsque l’institution ne peut même pas payer la main d’œuvre principale à savoir les professeurs.

Sachant qu’au ministère de la Santé, le nombre réel de personnel actif à l’hôpital El Maarouf était tabou jusque récemment, on peut s’interroger sur le nombre de personnel que notre gouvernement gère, car il n’y a que 12 lycées. Par comparaison, en France dans un lycée de 300 élèves, il y avait  dans le personnel enseignant : 10 professeurs, un conseiller principal d’éducation (cpe) qui fait relais entre la famille, 4 surveillants tous en mi-temps et  4 secrétaires administratifs. En tous cela fait 19 personnes dont 14 sont effectivement payées par l’éducation nationale, le reste est payé par la ville.  Si l’on extrapole à 12 lycées comprenant chacun 1500 élèves, on atteint le chiffre de 1140. Avec un salaire égale au SMIC comorien soit environ 150 euros par mois soit 75 000 KMF, le budget annuel alloué au salaire du personnel éducatif serai de 1 071 000 000 KMF. Est ce une somme réellement inaccessible pour le gouvernement ? Si oui, pourquoi les différentes taxes ne suffisent pas à financer la scolarité ? Comment financés l’éducation nationale ?

Une scolarité en chantier

Les résultats du Bac ont augmentés mais est ce vraiment du faite de l’éducation nationale ou du pullulement des écoles privées ?Personnellement, je pencherai pour la deuxième option. En effet, il n’y a pas de grèves intempestives dans ces établissements.

A l’avenir on aura inschallah des manuels en comorien. Une bonne initiative, mais en attendant le financement de ces manuels, combien de génération d’écoliers seront sacrifiés ? Ne serait-il pas efficace dans un premier temps, d’autoriser les professeurs à enseigner dans leur langue maternelle et laisser le professeur concevoir ses devoirs sur table en comorien? Aux examens nationaux de mettre les consignes en français et en comorien en attendant la conception des manuels ?

Pendant ce temps, il n’est pas rare de rencontré des élèves de 15 ans encore scolarisé en CM2 qui pour la plupart n’attendent pas le Bac pour fuir l’école. Les uns complètement largués par l’école en français, et les autres totalement découragés par les échecs répétés à l’examen de sixième. Même si l’on obligeait les élèves à rester à l’école jusqu’en 3 ième, beaucoup d’entre eux y verrai un obstacle à leur vie et des problèmes d’accueil au collège se poserait. Pourquoi ne pas en profiter pour redorer le blason des métiers primaires comme l’agriculture ou la pêche ? Car si les taxi sont dans l’air du temps, « la disparition » des légumes et fruits est alarmante et témoigne de l’appauvrissement en main d’oeuvre de ce secteur.

Askanza

 

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