Importance d’une réglementation du secteur Eau

Merci à la FCC d’avoir initié ce débat sur l’eau car nous sommes tous convaincus que l’eau est un produit vital très délicat ; d’après une étude scientifique, la majorité des maladies (+ 70%) proviennent d’une eau non potable.
Dans notre pays malheureusement, le secteur, malgré sa délicatesse, est considéré comme tout autre secteur ; pas de contrôle, ni réglementation.
En 2010, l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements, ayant constaté l’intérêt que les investisseurs accordent au secteur, a initié 2 rencontres avec les autorités compétentes pour les mettre en garde et avoir plus d’informations à ce sujet.
Ces rencontres tenues à l’ANPI, ont vu la présence du Directeur de la MA-MWE, du SG de la Production, d’un Représentant de Oulanga, et d’un technicien du Laboratoire de l’Université.

A cette époque, l’ANPI enregistrait 3 sociétés agréées pour cette activité: Yaco (pour Karthala et Beniteau), Madji Baraka et Dzialandzé (Anjouan).La différence entre ces 2 premières sociétés est que Yaco exploitait la source de Ndrouani et Madji Baraka traitait directement l’eau de la MA-MWE. L’ANPI voulait se rassurer auprès du Directeur de la MA-MWE si cette procédure de la société Madji Baraka est légale et s’il y aurait une taxation spéciale pour les sociétés utilisant une grosse quantité d’eau.
La réponse de la MA-MWE fut vague et s’était seulement basée sur une facturation par rapport à la consommation. Pas de différence entre ménage et société.
          L’Assistance a eu l’info par le SG du Ministère de la Production, qu’un projet de ‘’Réglementation du secteur Eau’’ existe bel et bien dans un tiroir du Ministère.
          Une 2ème information importante, le Labo de l’Université a prouvé après 2 tests, que l’eau minérale Madji Baraka, n’était pas bien traitée.
La question que l’ANPI a posée ce jour là, si après filtration, dessalement et minéralisation de l’eau de la MA-MWE, elle n’est pas potable, qu’en est donc de l’eau de la MA-MWE sans traitement?  Pourquoi le Laboratoire ne met pas la population en garde ?
Après 3 courriers adressés au SG du Ministère de la Production dans l’objectif de travailler ensemble sur ce projet de textes, l’ANPI est restée sans suite.
 
Aujourd’hui l’ANPI compte 5 sociétés agréées pour l’activité de traitement et mise en bouteille d’eau minérale : YACO, Madji Baraka, Hurya,Dzialandzé (à Anjouan).et bientôt Zam Zam. Soit 6 qualités produites localement avec Salsabil (convention avec l’Etat)
L’ANPI fait le Suivi des 5 sociétés agréées pour se rassurer uniquement du respect des conditions de l’Agrément. Elle dispose du ‘’Service des Autorisations spéciales’’ qui accompagne les investisseurs pour l’obtention de l’Agrément d’exploitation (en cas d’investissement dans un des secteurs réglementés)
 
Nous espérons qu’avec ce qui s’est passé avec  »Beniteau », une Réglementation sera enfin applicable pour le secteur Eau, dans l’intérêt des producteurs et des consommateurs. Une réglementation qui déterminera les critères, conditions et droits à respecter pour l’exploitation des sources, le traitement à l’Usine, la présentation commerciale du produit et surtout la fréquence du contrôle qualité par un Laboratoire agrée.
 
L’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements  a un rôle très important à jouer dans tout investissement. C’est pour cette raison qu’elle déplore son absence à l’atelier qui s’est tenu le mardi et Mecredi au Retaj- Le Moroni, sur le secteur Eau, auquel elle n’était pas conviée.
 
Merci à la FCC (en tant que voix du peuple) de transmettre le message, d’exiger le respect du rôle de chaque entité et le respect des procédures.
Par Zakiat Said Salim-Ezidine, Directrice Régionale pour  Agence Nationale pour l’Investissement (ANPI)
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