Kamardine Soulé, Personnalité du Mois de la FCC par Faiza Soule Youssouf

« Le journalisme c’est le contact et la distance ». Cette phrase est l’expression préférée, je crois de Kamardine Soulé, qui a été élu Personnalité du Mois d’Aout 2015 de la FCC.

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Durant les deux années que j’ai passées à Al-watwan, cette expression est celle qui revenait dans sa bouche, le plus souvent. Kamardine Soulé avec lequel je suis très proche, m’a toujours impressionnée par sa façon de travailler. Il est rigueur, précision, concision. Il est pondéré dans ses propos. Dans ses actions. Dans ses articles. Il prend toujours le recul nécessaire, il réagit rarement à chaud. Quand il rédige ses articles, certains propos sont en vert. En jaune ou en rouge. Chaque couleur a son importance. Je suppose que c’est de la sorte qu’il hiérarchise ses informations.

Kamardine s’est fait connaître par la qualité de ses articles. Qui sont toujours très recherchés, très documentés. L’information, il la coupe et recoupe. Et la dissèque. En gros, ce n’est pas un bleu. Il prend le temps qu’il lui faut. La pression n’a aucune prise sur lui. Il peut lire un rapport sous toutes les coutures et plus encore. Pour moi, c’est un char d’assaut qui se cache sous un sourire un peu timide. Pour ceux qui pensent qu’il est toujours en retrait, c’est parce que c’est de là qu’il a la meilleure vue… Deux ans, c’est trop court, me direz-vous pour réellement connaître quelqu’un. Peut-être avez-vous raison. Mais au plus profond de moi, je sais ce qu’il vaut. Je pourrais écrire des milliers de mots mais je préfère laisser cet exercice à un autre, mieux placé que moi. Cet autre, c’est AAA, parce qu’il a été son rédacteur en chef, il est à même de retracer son parcours, ses révélations. Cependant, au plus profond de moi, je sais que Kamardine fera demain encore, la fierté de notre métier. Je disais parfois aux confrères de notre génération que Kamardine était peut-être celui, qui aimait le plus son métier. Ou le mieux, c’est selon.

Le journalisme, il l’aime tellement que les rares fois où je l’ai vu sortir de ses gonds, c’était parce qu’une langue avait fourché sur l’importance de la liberté d’expression. Ou parce que la censure avait sévit. Encore. Son âme en ressort meurtrie. Ca se voit dans ses yeux. Dans sa démarche, sa gestuelle. De nous tous, c’est le meilleur. Je le lui dis parfois, je ne sais pas s’il me croit. Le président des consommateurs m’a aujourd’hui donné l’occasion de le dire encore une fois. En prenant les Comoriens à témoin. « Frère, je crois en toi et cette distinction, tu l’as mille fois méritée. D’autres, plus prestigieuses suivront. Tu as grandement contribué à redonner au journalisme, ses lettres de noblesse. Que tu en sois remercié ».

Faïza Soulé Youssouf

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