La 3G, quel est le public ciblé ?

Hachim Djoumoi,  Ing. Informaticien

Cela fait un mois, jours pour jours, que la société Comores Télécoms a lancée la commercialisation de la 3G. Les professionnelles comme les néophytes se posent des interrogations sur le choix de Comores Télécoms à investir plusieurs milliards sur ce service.

L’application principale de la 3G est l’accès Internet à partir des téléphones mobiles. Cela permet l’accès à plusieurs services via le mobile, notamment les services bancaires (Mobile Banking, SMS Bankingla gestion de compte bancaire en ligne, etc) ou pour les agences de voyage les réservations de billets en ligne, paiement de factures, et communiquer avec l’extérieur dans la mobilité.

Tout est bien bon pour l’émergence du pays dans le domaine technologique. Cependant, quelques part, Comores Télécoms se contredit. La 3G ne couvre pas encore la totalité du territoire. Certains villes et villages doivent attendre des années pour que ce beau bijou arrive. Là nous rencontrons le même problème que celui de l’ADSL, qui jusqu’à aujourd’hui ne couvre pas la grande partie du territoire. 

Plus encore, dans les zones de couvertures de l’ADSL, les Entreprises, les Décideurs, et le Public rencontrent une instabilité totale de la connexion Internet. Je me demande donc, quel public est ciblé par la 3G ? Fallait-il investir dans une nouvelle technologie qui ne résout plus les problèmes de l’ancienne?, ou serait-il sage d’investir à l’amélioration de l’ancienne et son extension sur toutes les zones reculées du pays ?

Nous savons tous que les lenteurs dans les guichets des banques, la fermeture de plusieurs cybercafé et l’absence de contenus dans les espaces WEB Comoriens, est due à la mauvaise qualité d’Internet, et en s’arrêtant sur l’expérience des banques, je suis sûre et certaine que celles-ci sont prêtes à payer le prix pour avoir une connexion stables et rapide, mais Comores Télécoms ne les accompagnes pas en cherchant à savoir les vrais soucis qu’elles ont pour leurs trouver des solutions.

Comment peut-on accéder, par Mobile Banking, à l’infrastructure d’une banque si celle-ci ne dispose pas d’un accès Internet stable et rapide ? Comores Télécoms devait se pencher sur les vrais obstacles technologiques qui font reculer l’économie du pays.

Certes, nous avons besoin de la 3G, mais c’est pour étendre un service de base de qualité déjà existant et non pour étendre l’inexistant.

Mohamed Toihiri

Vous avez raison. Comores Télécom fait l’objet de beaucoup de critiques. Cela n’a rien d’étonnant. L’évolution rapide des techniques met cette société d’État sous pression permanente. Les uns lui demandent d’étendre ses services sur l’ensemble du territoire national pour que tous les comoriens puissent en bénéficier. Elle justifierait ainsi  son monopole en mettant de l’avant l’égalité de tous d’accéder aux TIC. Les autres qui bénéficient de ce qui existe déjà demandent à pouvoir profiter de toutes  les possibilités qu’offrent les TIC.

Tout le monde a raison sauf les responsables de Comores Télécom. Ils offrent des services dont ils ne maitrisent pas la technologie comme  nous achetons des véhicules sans garages pour leur entretien. Ils doivent prendre conscience qu’ils dirigent une société commerciale même si elle appartient à l’État et cesser leur comportement de fonctionnaire hérité de l’OPT. La société a les moyens de se payer ce qu’il faut pour satisfaire sa clientèle et investir à bon escient.

 D’abord, elle a les moyens de former et de perfectionner son personnel pour maitriser la technologie qu’elle utilise. Encore faudrait-il  qu’elle recrute ses agents sur des critères de compétences et non sur des critères politiques qui donnent des agents incompétents, paresseux, inconscients, prétentieux, insolents et corrompus.
Ensuite, avoir un service d’études économiques pour lier les services qu’elle développe à la politique économique du gouvernement.
Enfin, apprendre à considérer la clientèle. Pour chaque type de produit qu’elle offre, elle doit déterminer la clientèle visée. Si on me que c’est ce qu’ils le font alors ils ne  le font pas bien.
Les responsables de Comores Télécom ne doivent s’étonner des critiques de leurs clients. Nous reconnaissons les efforts qu’ils font mais cela n’empêche pas de demander plus et mieux.

Assaf M Sahali Awadi

Les manques à gagner de la 3G aux Comores!

Ceci pourrait être le titre d’un dossier riche dans la presse Comorienne! Oui la 3G a un manque à gagner énorme en Union des Comores.

Figurez vous que Comores Télécom en s’auto attribuant la bande de fréquences 2100 et nombreux canaux dédiés fait perdre à l’Etat Comorien plus d’un milliard de francs pour non paiement des redevances des fréquences? Signalons au passage que Comores Télécom n’a jamais payé cette redevance légale et de ce fait, transgresse la loi. Depuis juillet 2009 à ce jour, correspondant à la création du régulateur Comorien, le manque à gagner des redevances des fréquences de CT peut être estimé à plus de 5 milliards!

Ce piétinement toléré de la réglementation comorienne par cette entreprise publique alourdit sa dette fiscale et complexifie l’attrait à un partenaire stratégique _repreneur_. Le discrédit et la fragilisation du régulateur, à coup sûr, peut faire fuir des investissements provenant  d’opérateurs de grande notoriété ou implantés sérieusement dans la région Océan Indien ou dans le continent Africain. Quel opérateur  crédible pourrait accepter de concourir à l’obtention de la deuxième licence dans ce pays où un des opérateurs bénéficie des faveurs et de la protection  des institutions étatiques? Quel investisseur digne de ce nom, acceptera t_il de se faire livrer une concurrence déloyale en raison du non respect de la non discrimination, ce principe cher à la régulation des TIC?

Oui avec la commercialisation de la 3G dans de telles conditions, le manque à gagner peut être énorme pour le pays: perte en milliards, discrédit de nos lois et de nos institutions, fuite des investissements… Y remédier est une urgence.

Print Friendly, PDF & Email