La randonnée FCC dans le massif de la Grille

DSC09408La randonnée dans le massif de la Grille a enfin eu lieu. Elle a été d’un éclatant succès tant pour l’organisateur principal, la FCC  ou les randonneurs. Le seul couac,  je dirai,  le  »gender  balance’’. Les femmes ont boudées la randonnée. Sur les 2 camions que nous avions remplis, 3 femmes ont jugé utile d’aller admirer la nature et envier une forêt d’intérêt patrimoniale.

Certains parmi vous n’ont pas pu être au rendez-vous à  cause de leur état de santé. J’ai une pensé à Mme Tahamida Mzé, initiatrice et principale  organisatrice de l’excursion, au Lieutenant Loukman Azali, qui s’est beaucoup investi pour la tenue de  la randonnée. Tous deux n’ont pas pu y participer à cause de leur état de santé. Je leur souhaite un très bon rétablissement.Pour la randonnée proprement dite, elle a été plus qu’une excursion, plutôt une ‘’université verte’’ à grand ciel ouvert. La convivialité  et la solidarité des participants ont été très remarquables. Il a été singulier de voir  des hommes et des femmes de  profession  différents,  gendarmes, biologistes, économistes, militants des associations, étudiants, lycéens, journalistes, … partager ensemble une extraordinaire expérience.

La randonnée a été l’occasion de voir les différents paysages du massif yaLagiri. De la forêt  de sous bois, des  immenses plaines herbeuses,  des anciens cônes volcaniques, des forêts denses, des terrains agricoles, de jachère, des mosaïques de culture, jachère et forêts…..  Les randonneurs s’enthousiasmait d’apprendre, les noms scientifiques, la famille botanique,  les noms vernaculaires de chaque plante observée. Ils étaient aussi impatients de  noter leur distribution écologique, si la plante est indigène  des Comores (existe avant la colonisation humaine dans nos îles), endémique (n’existe nul par ailleurs au monde qu’aux Comores), exotique (elle  a été introduite volontairement ou intentionnellement par l’homme), l’usage de chaque plante (médicinale, fourrage, comestible, .construction;….) ou des caractéristiques particuliers.

C’est ainsi que dès l’entrée dans la massif de Lagiri, nous avions apprécié cette jolie orchidée épiphyte, Aerangis stylosa, qui ornait toute la forêt de la Grille, comme des guirlandes pendues sur un sapin de Noël.  Pour certains jeunes, c’était la première fois qu’ils voyaient ou de touchaient du doigt la plante ou les fruits  de Mzite ou Aleurite molucana pour le botanistes, une plante introduite à l’entré de la foret de la Grille,  dont l’amande des fruit était jadis utilisé pour une production d’huile  à de fin de massage ou d’éclairage de maison au moment où le pétrole lampant faisait défaut dans nos contrées.  Ils n’ont pas voulu croire que ses fruits, de forme plus ou moins sphériques  ont été utilisés par leurs grands frères comme des billes pour jouer. Pour la première fois certains parmi nous ont vu l’arbre Mfadranbo (Aphloiea theaformis de la famille des flacourtiacées) alors qu’ils ont l’habitude de prendre chaque matin  une tisane sucré des feuilles Mfandrabo.

Nous avions touché de nos doigts le Mdrikundi ou Weinnmania Comorensis de la famille des cunonniacées,  alors que nous avons l’habitude de voir les chevrons et les planches d’un rouge foncé obtenus par le sciemment de cet arbre. Il y avait aussi le Mkafure ou ocotea  comorensis avec son bois bien odorant rappelant le camphre. L’Ophiocolea comorensis ou Mlebelembe de la famille de bignoniacées, dont les fleurs d’un rouge pourpre allant au  rouge blanc ont  des  fruits à  la forme d’une gousse de vanille qui poussent uniquement dans les rameaux et dans  les tiges comme le jacquier.

En plein forêt dense,  la surprise a été de taille quand certains ont cru avoir devant un petit cocotier.  Ce n’était rien que notre palmier nain que les botanistes l’ont baptisé Ravanea hildbraditii. Ils se demandaient que vient faire un manguier sans fruit au fond d’une forêt humide et dense. L’arbre a été certainement le fruit d’une dissémination des chauves-souris comme tous les autres manguiers de basse altitude. Autant leur faire comprendre de laisser les chauves-souris se régaler des fruits des plantes qu’ils ont eux disséminés.

Il est vrai que la marche a été vraiment longue, tellement longue que nous l’avions sous estimée. De Maweni à Isidju, pour arriver Dimadju et atteindre Batu et boucler notre boucle par nos bus qui nos attendaient à l’entrée de la firme de Badasmlini, actuellement mise en valeur par notre Armée National de Développement.  Ceux qui parmi nous ont eu l’occasion de visiter cette ferme, confirment que cette appendice de ‘’développement ‘’collée à notre Armée Nationale mérite bien sa place.

Personnellement, je dirai que ce développent  vient  aussi  des braves gendarmes qui nous ont accompagnés durant toutes ces heures de longue marche en nous prenant  en sandwich, cette fois, pas pour une embuscade, mais pour nous observer,  nous encourager à  tenir  notre marche. Nous nous  rappellerons toujours de leur petites histoires humoristiques  qu’ils nous glissaient de temps en temps pour nous faire rigoler et nous faire oublier l’endurance de la ‘’longue marche de Lagiri’’. Une façon d’encourager  les plus faibles d’entre nous   à rester dans le peloton.

Il est vrai que la beauté du paysage raccourci le voyage, car c’est par cette beauté que nous offrait la nature que nous avions tenu notre pari.

Dans  nos bus, malgré la fatigue, nous nous sommes dit que nous étions les meilleurs. Chacun répétait a son voisin de siège, ‘’C’est quand la prochaine rando’ ?  La Grille, je suis  prêt revivre l’expérience autant de fois de ma vie !’’

Yahaya Ibrahim

Les images sont de  Anrfata Adjilani et Hachim Abdereman  à venir…..

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