La situation de l’Education Nationale aux Comores en mai 2011

Deux textes réglementaires régissent l’éducation nationale aux Comores. Il s’agit de la Loi (94/035/AF) d’orientation de l’éducation et du Plan Directeur 2010-2015 qui est en conformité avec l’axe 5 de la Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (SCRP).

Ces textes résument ainsi l’éducation :

1°- Préscolaire ;

a)      Introduction du Shikomori dans le système éducatif.

Seuls les vol 1 et 2  des “grammaires lexicales” du Shingazidja, Shidzuwani, Shimwali sont disponibles. On cherche le financement du vol3. Il reste maintenant à étudier le programme d’enseignement à partir des documents existants.

b)      Ecole Coranique rénové (ECR)

C’est une politique qui est en expérimentation (12 écoles dans les 3 îles) en ce moment. Il s’agit d’introduire pour les enfants de 0 à 5 ans (équivalent à la maternelle) cet apprentissage du shikomori, mais aussi des disciplines du maternelle dans le système de l’école coranique afin de permettre à l’enfant de mieux intégrer le coran, la religion musulmane et le programme du maternelle français pour son bien être dans le CP au primaire.

2°- Primaire

Depuis 2006, il y a aux Comores l’expérimentation de la méthode « Approche par les Compétences (APC) par la Pédagogie de l’Intégration ». Cette méthode vise à la réussite des enfants car elle permet s’il le faut d’insister selon l’enfant (après les évaluations certificatives) à des remédiassions avant de laisser l’enfant quitter un cycle au primaire. Les curricula ont été revus, les outils sont en cours de conception, notamment les manuels de Français, de Maths et d’Eveil intégrant l’histoire, la géographie, l’environnement,… comorien.

3°- Collège et Lycées

Il y a des réflexions en ce moment qui évoluent dans le sens d’un changement de l’éducation de la base (lors de la prochaine loi d’orientation de l’éducation) en l’élargissant au collège. En effet, il se trouve que l’éducation de la base (obligatoire d’après la loi) s’arrête en CM2. Or, ceux qui passent ce niveau ont en moyenne 10 – 11 ans. Donc pourquoi ne pas élargir jusqu’à 15 ans cette obligation d’aller à l’école c’est à dire jusqu’en 3ème !

Dans tout le pays, au lycée il y a les séries suivantes : A1, A4, C et D dans les trois îles  et  A2 et G à Ngazidja, STI et STC à Ndzuwani.

Le BAC:

a)      7 lycées publics – 5 lycées communautaires – 60 lycées privés (il y a plus d’écoles privées – environ 104 – mais seulement 60 présentent des candidats au Bac)

b)      Sur 6522 candidats inscrits (780 : A1 – 104 : A2 – 4520 : A4 – 176 : C – 787 : D et 155 : G). Il y a eu 2714 (41,6 %) admis (l’année a été très bonne car en 2004 on a eu 33% et en 2009 27%) sachant que par série : 48% A1, 76,9% en A2, 35% en A4, 81% en C, 63,7% en D et 20% en G.

Il convient de souligner enfin que les difficultés observées sont relativement liés à la maîtrise du français (langue d’enseignement), et aux acquisitions scolaires de manière générale, aggravées par le manque de disponibilité de manuels scolaires et de possibilités d’accès, au sein comme en dehors du système éducatif, à une documentation multiforme susceptible de favoriser les apprentissages en autonomie.

Il  sera  nécessaire de diversifier les séries au lycée comme à l’université (par des filières techniques et/ou professionnelles) compte tenu de l’analyse faites de ces chiffres.

4°- Le Supérieur (Université des Comores)

L’UDC (Université des Comores), créée en 2003, est un établissement public jouissant d’une autonomie administrative et financière, placé sous la tutelle du Ministère de l’Education Nationale, de la Recherche, de la Culture et des Arts (MEN), qui a depuis réussi à constituer un ensemble significatif d’environ 4000 étudiants, 219 enseignants, 145 personnels non enseignants, et qui compte 9 composantes proposant 20 filières / parcours d’enseignement.

Elle reste cependant très fragile et manque des compétences suffisantes pour assurer l’ensemble d’un enseignement supérieur professionnalisant de qualité, notamment dans ses Instituts de Formation des Enseignants et de Recherche en Education (IFERE). Certains étudiants sont contraints de s’expatrier, principalement en France ou dans des pays arabes, afin d’y poursuivre leurs études en 2ème cycle, faute d’offre locale de formation à ce niveau, même si des Masters ont été ouverts dans quelques composantes où les ressources humaines le permettent (en économie, droit, sciences islamiques et biodiversité). D’autre part, ses composantes sont implantées sur plusieurs sites parfois éloignés, dans l’agglomération de Moroni en Grande Comore, à Patsy sur l’île d’Anjouan, et avec la possibilité d’exploiter sur Mohéli les moyens techniques du Pôle de Formation et de Développement Intégré (PFDI).

Cartes Scolaires :

La carte scolaire a subi ces dernières années, des perturbations profondes, qui tendent, de plus en plus à dévier de cet instrument important de la micro-planification de ses objectifs essentiels qui consistent à équilibrer l’offre d’éducation par rapport à la demande d’éducation. Pourtant, la demande sociale à l’égard de l’école devient de plus en plus exigeante, alors que l’école primaire peine à jouer son rôle de service public de proximité pour satisfaire la population.

Un cadre de référence en matière de gestion de la Carte scolaire doit être constitué. Il alimentera les réflexions et les modalités d’élaboration de la carte scolaire en vue de garantir, à tous les niveaux (national, insulaire, Centre Inspection Pédagogique Régional ou CIPR, local, etc.), l’équité, la transparence et l’optimisation dans l’utilisation des ressources publiques mise à la disposition du secteur de l’éducation et la concertation que l’on peut attendre du service public de l’éducation.

Nourdine

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