Les tarifs TIC sont chers aux Comores

Le PIB des Comores est classé 149eme sur 179 pays, juste derrière le Kenya et  devant le Tchad selon le FMI ; 205eme sur 225 pays juste derrière l’Ouganda et devant  Haïti selon la  CIA World Factbook, et enfin 162eme sur 180 pays, juste derrière le Mali et devant le Népal selon la banque mondiale (publié le 23 Mai 2013).

L’indice de développement humain place l’Union des Comores à la 132e sur 177 pays en 2006. Le revenu par habitant est estimé à 465 dollars en 2005. Il est légèrement inférieur à la moyenne pour l’Afrique subsaharienne (510 dollars) (source CIA). Le PIB moyen par habitant des pays d’Amérique latine, des Caraïbes et de la région Asie-Pacifique était près de quatre fois supérieures à celui des pays africains riches en ressources en 2007.

La téléphonie mobile :

Commençons d’abord par le prix de la carte SIM (puce), actuellement cette dernière coute 4000fc = 8,13euro. Pourtant si on regarde un pays comme la Guinée (PIB : 169ème, 210ème, 167ème respectivement FMI, CIA et Banque mondiale), la carte SIM coute 10 000Gnf=0,8euro. Le Sénégal (PIB : 114eme, 189eme, 147eme respectivement FMI, CIA et Banque mondiale), la carte SIM coute 1000fcfa=1,52euro.

D’autre pays comme l’Egypte la carte SIM varie entre 3L=0,32euro et 10L=1,07euro, Madagascar : entre 5000fmg=0,46euro et 10 000fgm=0,8euro.

Au niveau des appels mobile internes, la société respecte les recommandations de l’UIT  « le prix pour trois minutes de communication dans les pays africains riches en ressources aux heures de pointe est de 0,9 USD=315frc – contre 0,7 USD=245frc en Amérique latine et aux Caraïbes et 0,6 USD=210frc dans la région Asie-Pacifique ».

L’Internet :

Nous avons constaté que le prix à payer par les utilisateurs reste très élevé comparativement :

  • Aux pouvoirs d’achat de la population
  • A ce que payent les utilisateurs d’Internet dans d’autres pays de la sous région.

Avec l’arrivée prématurée de la 3 G, il y a une augmentation de la pénétration à l’Internet, grâce à l’utilisation des terminaux mobiles.  Mais selon Jean-Louis Fullsack, si le mobile « constitue sans doute une ‘chance’ pour l’Afrique, (…) c’est une erreur de penser que cela signifie la fin du câble. Pour rendre accessibles les débits 3G aux utilisateurs, ce ne sont pas des réseaux radio, mais bel et bien de fibre optique qui sont nécessaires ». Depuis l’arrivée du GSM, nous avons constaté une révolution des réseaux radio au détriment des réseaux filaire, pourtant on devrait profiter de cette occasion en « or » que d’autres ne l’ont pas.  Avec les câbles, on peut accéder à l’ADSL Internet à bas prix et TV pour concurrencer Canal+ et d’autres bouquets de télévision.

Parmi les causes du coût élevé de la connexion Internet Internationale surtout en Afrique nous avons :

  • Le faible niveau de développement des infrastructures de télécommunications au niveau régional et local, qui se caractérise notamment par  l’absence ou la faible connectivité trans-frontière des câbles à fibre optique (FO) entre point d’échange Internet (IXP) nationaux ;
  • L’absence de véritable concurrence sur l’infrastructure ;
  • Faible pouvoir de négociation des fournisseurs d’accès à Internet (ISP) des pays en développement ;
  • Le non régulation de l’Internet, couplé à l’absence ou à la faible concurrence dans la chaîne de valeur de l’accès à Internet, ce qui emmène les ISP puissants situés dans les pays développés à dicter leurs lois sur le marché ;
  • Le faible pouvoir de négociation des ISP des pays en développement.

Comores Télécom s’est dotée du câble EASSY (fibre optique) de la cote Est africaine, avec un débit de 3840 Gbits Activés (ce qui est sûr,  la société n’a pas toute cette capacité) ; donc les Internautes comoriens doivent bénéficier des avantages de ce dernier.

Des enquêtes sur le terrain montrent que ; des Internautes disent qu’ils ne voient pas la différence  entre l’avant EASSY et sa mise en service, et d’autres affirment la différence certes mais ce n’est même pas dans l’attente des Internautes comoriens.

Parmi les problèmes cités :

  • Un débit très faible
  • Les coupures du réseau
  • Des services en dessous de leur contribution
  • Le non respect de leurs droits
  • La non reconnaissance des TICS comme service public
  • Des  tarifs élevés

Parfois on ironise « Ye wudjowona Trama lidja na nambiye ».

Sur le site http://snpt.km/internet.php, on trouve les tarifications de l’Internet, 1Mbits pour 50 000fc dans un pays où nous connaissons son PIB.

La Sierra Léone en 2011, l’absence de la fibre optique, oblige les utilisateurs d’Internet à se servir de l’unique bande passante fournie par le satellite d’Airtel. Le service standard coûte 57,456euro=28268frc.

Au Sénégal avec la présence de la fibre optique, Les services standards :

  • 512kbits + 5000fcfa de crédit téléphonique vers toute destination coûte 14500fcfa=10892frc ;
  • 1Mbits+ 6000fcfa de crédit téléphonique vers toute destination coûte 27250fcfa=20469frc
  • 2Mbits + 10 000fcfa de crédit téléphonique vers toute destination coûte 29300fcfa=22009frc.

Les accords d’interconnexion

Comme disait le texte, « en cas de monopole sur toute ou une partie de l’infrastructure, le régulateur peut réglementer l’accès aux différentes portions de celle-ci en fonction du degré de concurrence. Le Régulateur peut donc encadrer selon le cas, les conditions techniques et tarifaires d’accès au backhaul, au point d’atterrissement et à la location des circuits ».

Des questions restent à se poser :

  • Que fait l’agence de régulation ?
  • Pourquoi les dirigeants de Comores Télécom ne veulent pas de concurrence ?

Car on parle de chômage à chaque foi et pourtant avec un autre fournisseur, on aura une diminution de chômage et une concurrence de TIC (diminution de tarifs  et une QoS meilleure).

Par ALI MOISSI M’MADI

Doctorant à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar

Ingénieur de Telecom/Transmission

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