L’exploration pétrolière aux Comores

imagesPour  avoir  du pétrole, il faut  obligatoirement passer  les étapes  de l’exploration, du forage, de l’extraction, de la distribution, du raffinage et de la commercialisation.

Au stade actuel,  le pétrole comorien est  à l’étape  de l’exploration, c’est-à-dire étape où  les sociétés pétrolières  mènent des recherches géophysiques bien précises dans le sous-sol afin de  localiser les endroits où le pétrole peut être  piégé dans la réserve. Avant la réalisation de cette  étape d’exploration, il est très  difficile de confirmer ou d’infirmer l’existence du pétrole dans une réserve.

Ainsi, l’industrie  pétrolière  commence d’abord par  l’exploration. Cette étape  demande des moyens financiers  couteux  et une technologie de pointe appropriée.  C’est pourquoi les  pays sont  donc obligés de faire appel aux sociétés pétrolières compétentes  pour mener cette activité. Mais force est de constater que ces compagnies pétrolifères  font un pari risqué, sans garantie de trouver du pétrole  exploitable. Ici, il ne suffit pas de découvrir  un gisement pétrolier dans un endroit, mais l’essentiel ce que ce gisement soit techniquement et économiquement exploitable. A titre d’exemple, le taux de succès des forages d’exploration, est  seulement de 1 forage  sur 5 approximativement. C’est pour cela  que  ces compagnies pétrolières s’associent souvent en groupes de deux, trois  sociétés ou plus, pour partager les dépenses engagées au cas où les recherches  s’avèrent négatives.  Pour illustration,  un champ de pétrole  de taille moyenne, il faut dépenser environ des  centaines de millions de dollars avant de produire le brut.

Cependant, pour  mieux encadrer le secteur pétrolier et réaliser une exploration-production  dans une zone, les compagnies pétrolières doivent obtenir de l’État concerné une licence d’exploration pétrolière dans les zones découpées en bloc.  Ces licences sous forme de contrats d’Exploration, de Partage et de Production autorisent les compagnies pétrolières  à effectuer des travaux d’exploration-production offshore sur un périmètre très  minutieusement délimité soit à moins de (200 milles marins des côtes,  soit 370 km). Durant cette étape, les compagnies pétrolières paient les travaux à 100 % et elles n’en seront remboursées  qu’en cas de découverte et mise en exploitation du pétrole (cost oil, profit oil).

C’est la raison pour laquelle le  gouvernement comorien  doit bien négocier  les contrats  des blocs pétroliers avec les sociétés pétrolières afin de permettre un partage juste et équitable  des ressources des hydrocarbures entre les parties. Par ce que  ces compagnies pétrolières ont une puissance financière considérable et un lobbying bien organisé qui pèsent  lourds  dans les négociations des contrats. C’est pour cela que,  certains  pays producteurs du pétrole n’arrivent pas à tirer le maximum de profit de leurs richesses pétrolières, à cause des contrats mal négociés, mal ficelés par ses dirigeants.

Pour rappel, ces  contrats pétroliers rédigés sous l’empire du Droit International Public notamment sur le principe de la souveraineté  de l’Etat sur les richesses et les ressources naturelles, définissent comment  les revenus issus de l’exploitation du pétrole seront repartis. Ils fixent  les responsabilités de chaque partie. Ils déterminent  la durée du contrat d’exploration, de production. Ils définissent Comment la biodiversité   marine et  terrestre   seront préservés. Ils délimitent le périmètre des travaux. Ils fixent les modalités de résiliation des contrats. Et surtout quels  seront  les droits  et obligations des communautés locales  là où seront installés les équipements pétroliers…….?

Par DARDAY  YOUSSOUF NOMBABA, Juriste

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