L’Unicef, un acteur engagé pour le bien être de l’enfance aux Comores.

L’agence des Nations – Unies pour l’enfance (Unicef) est l’un des principaux partenaires des Comores dans le domaine de la santé, de l’éducation et de la protection des enfants. En ce début d’année, nous avons interviewé Pierre Ngom, Représentant de l’Unicef aux Comores sur les priorités de son organisation pour 2015.P. NGOM

Quelles sont les priorités de l’Unicef aux Comores pour l’année 2015 ?

Nous avons plusieurs priorités pour l’année 2015. L’Unicef  Comores interviendra dans trois domaines importants. Il s’agit de la survie et du développement de l’enfant, de l’éducation des enfants puis de la protection et l’inclusion sociale des enfants.

Concernant le domaine de la survie et développement de l’enfant, nous allons travailler beaucoup sur la nutrition. Nos actions se concentreront surtout sur l’allaitement maternel exclusif. La Fédération Comorienne des Consommateurs  collabore déjà avec nous sur ce Programme. Dans ce cadre, nous travaillons sur un partenariat avec le Gouvernement et la Banque mondiale qui démarre en 2015 pour renforcer le travail au niveau communautaire pendant une période de 4ans.

Dans le domaine de l’éducation des enfants, notre objectif consiste à supporter le Gouvernement pour améliorer l’accès à l’école (scolarisation des enfants), les infrastructures et la qualité de l’éducation. Et pour atteindre cet objectif,  nos actions se focaliseront cette année sur la construction et la réhabilitation des salles de classes. Nous avons reçu des financements substantiels du Partenariat Mondial pour l’Education et de la Fondation Educate A Child (EAC) du Qatar.

Pour la protection, le Gouvernement nous a demandé d’accompagner le parlement des jeunes. C’est très important pour nous d’appuyer l’éducation civique et la protection des enfants. Dans ce domaine toujours, nous continuerons aussi  nos appuis aux services d’écoute dans les trois îles autonomes (Anjouan,  Grande Comore et Mohéli) afin de lutter contre l’abus et la maltraitance envers les enfants.

Dans le cadre de l’inclusion, nous allons supporter la Direction de la Solidarité Nationale à étendre le programme de transfert monétaire qu’elle a piloté en 2014 dans quelques villages des trois îles autonomes. Ce programme consiste à soutenir financièrement  des familles nécessiteuses en vue de les aider à subvenir aux besoins de leurs enfants. En 2015, nous espérons augmenter le nombre de ménages couverts par ce programme.

Vous avez parlé des abus envers les enfants et de la maltraitance, quel est le rôle de l’Unicef sur ce front?

A l’Unicef, nous avons un programme sur la protection des enfants contre toute forme d’abus. La plupart de ces abus sont criminalisés. L’Unicef s’implique beaucoup dans le plaidoyer notamment auprès du gouvernement, des législateurs et sur la nécessité de réprimer les abus. On peut citer l’adoption en juin dernier de la pénalisation des viols sur mineurs dans le nouveau code pénal. Nous travaillons beaucoup avec les services d’écoute dans ce domaine. Nous notons avec satisfaction que le gouvernement  s’implique activement dans cette lutte.

La FCC est très impliquée dans l’hygiène familiale et communautaire, quelles sont les actions de l’Unicef dans ce domaine?

Au sein des ménages et dans les écoles, comme vous voyez partout, nous menons des sensibilisations sur le lavage des mains. En matière d’hygiène familiale, l’Unicef essaie de s’assurer que chaque école dispose d’un point d’eau et d’une latrine. Nous avons aussi le programme communication pour le développement qui consiste à éduquer les familles à avoir des comportements favorables pour améliorer la santé des enfants. Nous avons aidé à la réalisation d’une boite à image sur tout ce qui est lié à la survie et au développement de l’enfant. Toutes ces actions seront reconduites dans les années à venir pour la continuité de l’hygiène familiale et communautaire.

Le partenariat pour la santé (IHP+) appelle à l’alignement des partenaires sur la politique nationale de la santé. Quelles sont les initiatives de l’Unicef Comores pour aller dans le sens du partenariat?

Les Nations – Unies sont cent pour cent synchronisées sur l’alignement d’une façon générale. Par exemple, dans le cadre du  programme national de la santé, nous avons participé de près à l’élaboration de la politique et des recommandations pour sa mise œuvre.

Cette année, les Comores viennent d’inaugurer l’harmonisation de la santé pour l’Afrique, un programme très intéressant où les partenaires au développement sur la santé harmonisent leurs efforts pour soutenir le gouvernement. Ils n’interviennent plus en groupe dispersés mais se concertent  avant l’élaboration de tout projet sur la santé. Dans l’ensemble, l’Unicef est toujours aligné à la politique nationale de la santé.

L’Unicef et ses partenaires avaient lancé l’Ecole Coranique Rénovée (ECR). Quel est l’objectif de l’Unicef à travers cette approche ?

Un des mandats importants de ’l’Unicef c’est la préparation des enfants pour entrer à l’école primaire et pour ce faire, il n’y a pas mieux que le préscolaire et l’éducation parentale. Nous sommes tous conscients qu’un enfant qui entame pour la première fois directement l’école primaire à l’âge de 6 ans ne sera pas pareil qu’un enfant qui a d’abord fait le préscolaire. A l’étranger, il y a les jardins d’enfant et aux Comores, nous avons l’école coranique rénovée (qui n’est pas l’école coranique traditionnelle) qui permet d’avoir un cadre de préparation des enfants à l’école primaire. D’ailleurs les ECR sont sises au sein des écoles primaires publiques.

L’ECR est un programme qui était initialement financé par Dubaï Care pendant 5 ans. Une évaluation a été faite à la fin du programme et en attendant les résultats le programme continue de bénéficier aux enfants. Nous continuons à travailler là – dessus, nous sommes en train de discuter avec les bailleurs pour plus de financement dans ce domaine.

Dans les domaines qui concernent l’Unicef, est –ce que les Objectifs des Millénaires sur le Développement (OMD) sont atteints aux Comores ?

Le gouvernement a publié en 2013 le rapport sur les OMD. Dans certains domaines, conclut ce rapport, des objectifs peuvent être atteints.  C’est le cas de l’éducation universelle, la parité fille – garçon dans l’éducation primaire, la baisse de la mortalité infantile et la lutte contre le sida et le paludisme. Mais il y a des zones d’ombres comme l’accès à l’eau potable où 22 pour 100 des ménages seulement en ont accès. En ce qui concerne l’éradication de la pauvreté, 1/3 des enfants souffre encore de malnutrition chronique comme l’a confirmé récemment l’enquête nationale EDS/MICS de 2012. En plus, Tous les OMD qui concernent l’environnement et le développement durable risquent de ne pas être atteints.

Pouvez – vous brièvement présenter votre parcours à  l’Unicef ?

J’ai commencé avec l’Unicef en 2006 comme conseiller régional en suivi et évaluation à Nairobi où j’étais en même temps Point focal pour les Comores, un des 21 pays que je couvrais à l’époque. J’ai occupé ce poste jusqu’en 2008. De 2008 à 2013, j’étais responsable des 26 pays du Moyen – Orient et de l’Afrique du Nord, basé à Amman (Jordanie). Et je suis aux Comores depuis juillet 2013.

Avant l’Unicef, j’ai fait 5 ans au ministère de la Santé au Ghana de 1994 à 1999 où nous avions expérimenté et mis à l’échelle une stratégie de santé communautaire. Puis, j’ai été à Nairobi de 1999 à 2006 successivement avec deux ONG américaines : Population Council et Family Health International. Pour le premier  ONG (Population Council), nous travaillions surtout dans les bidons villes pour aider la population à accéder aux services sociaux de base. Avec Family Health International, j’étais Conseiller Régional en Recherches (Santé de la Reproduction et SIDA) pour la zone Afrique.

Un mot à propos de la FCC

Je suis très ravi de cette visite de la FCC. Je reçois beaucoup de journalistes de la presse locale mais nous voulons aussi travailler avec la société civile pour faire avancer les droits des enfants. La FCC travaille avec nous dans le cadre de l’allaitement maternel et je connais le dynamisme de son équipe et surtout de son président Mchangama. Nous travaillons dans un partenariat enrichissant. J’apprécie la façon dont vous menez vos interventions, surtout la défense sans relâche des droits des consommateurs, qui sont des droits humains.

Propos recueillis par Josy Aicha

Chargée de communication de la FCC

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