Naufrage du MADJRIHA, trois jours de deuil n’ont jamais fait revenir personne.

Trois jours de deuil national ont été décrétés suite au naufrage du tristement célèbre Madjriha, il y a un peu plus de deux semaines. Ce bateau (devrais-je dire épave) avait à son bord plus de 100 passagers et a coulé à seulement quelques mètres de nos côtes. Au-delà des responsabilités qui incombent à tous les services concernés, au-delà des arguments avancés par la capitainerie qui peinent à tenir la route, nous devons nous engager pour qu’aucune catastrophe de ce genre ne se reproduise. Combien de morts devrons-nous enterrer pour qu’enfin chacun assume le rôle qui lui est dévolu ? Combien d’enfants, de femmes et d’hommes devons-nous pleurer pour que cessent les négligences qui coûtent la vie à des centaines de comoriens et enfin
appliquer la loi?

Nous, Fédération Comorienne des Consommateurs sommes en droit de poser quelques questions et d’avancer quelques éléments de réponse. Vous serez d’avis qu’il est temps que le ministère des transports mette de l’ordre en commençant par fixer des règles et à classifier les différents moyens de transport qui sont sur la place. Devons-nous rappeler la distinction qu’il y a entre une vedette à passagers qui est dotée de deux moteurs à propulsion et construite dans un chantier agrée et d’un navire à charge, qui comme son nom l’indique, est destiné au transport des bagages et du fret principalement et qu’il est strictement interdit d’y transporter des passagers ? Devons-nous encore une fois, rappeler à toutes les autorités concernées que les vedettes à passagers doivent être souscrites à une police d’assurance civile, pour la coque et les machines pour pouvoir assurer une ligne ?

Tous les bateaux assurant la liaison entre nos îles, et même au-delà de nos frontières, devraient être régulièrement soumis à un contrôle technique et à un contrôle des brevets de l’équipage. Ce n’est pas le cas et c’est bien dommage ! La plupart des bateaux à l’intérieur de nos frontières maritime n’ont aucune assurance et ne sont donc pas, juridiquement parlant, autorisés à opérer. Il est vital pour notre population que soient prises des décisions, afin que plus jamais aucune catastrophe de ce genre là, ne se reproduise !
Se pose la question de la continuité territoriale. La plupart des bateaux et autres vedettes n’étant pas en règle pour pouvoir effectuer la liaison entre les îles, et si on devait leur interdire tout transport de passagers, nous serions donc dans l’incapacité d’assurer la continuité territoriale. Dans ce cas, les autorités devraient donner un délai à nos armateurs pour qu’ils se mettent en règle et pendant ce délai, les bateaux déficients devraient être mis sur une liste rouge publiée dans tous les médias. Les quelques embarcations en règle restantes devront assurer la continuité. Il est plus que probable que l’offre soit largement inférieure à la demande. Pourquoi, alors, ne ferions-nous pas appel à des armateurs étrangers qui, eux, ont des équipements surs et avérés ?

Pour peu qu’on ne nous le demande, nous Fédération Comorienne des Consommateurs sommes en mesure de faire venir des armateurs plus sûrs. Il est navrant que la fatalité règne dans l’esprit des autorités en particulier et des Comoriens en général. Les rescapés attendront en vain une compensation financière, qui sans l’aide de tous ne viendra sûrement jamais.

Quid des orphelins dont les parents ont péris dans des naufrages et autres crash ? Que deviendront-ils ? Le propriétaire du Madjriha a-t-il les moyens de les dédommager ? Si non, qui le fera ? L’Etat a-t-il l’intention de le faire ? En a-t-il les moyens?

Parce que, vous et moi le savons, un deuil national n’aura jamais fait revenir personne…

Faiza

 

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