Naufrage d’un kwassa-kwassa entre Shindini-Hoani

Récit de l’évènement 

Le  samedi 29 septembre 2012 à 10 heures une vedette  de type Fibrecom (fabriqué à Anjouan)  à deux moteurs a quitté le petit port de Hoani (Mohéli)  pour se rendre au port  de pêche de Shindini (Ngazidja). A bord, sept personnes dont deux femmes et cinq hommes parmi eux un  ancien militaire surnommé G.P. En cours de route, la vedette a fait naufrage près des côtes de Shindini en raison  d’une grosse vague  qui  a fait  chavirer l’embarcation,  provoquant une panne des deux moteurs.

Ayant perdu tout espoir de regagner les côtes, le pilote de la vedette Mohamed Ali   alias  Togo  s’est entendu  avec les passagers  qu’il allait se rendre sur la terre ferme  à l’aide d’un jerrycan pour alerter les autorités locales et ainsi  venir  à leur aide.  Ce dernier a pu être  sauvé  par le navire « Citadelle » en provenance de l’île d’Anjouan  aux alentours de 16h pour être  amené  vers le port de Moroni.  Il sera ensuite entendu par la gendarmerie nationale. Alerté par  les pêcheurs de  Shindini vers 18h, le gouvernorat de l’île de  Ngazidja a débloqué un fonds le dimanche 30 septembre 2012  pour organiser la  recherche des naufragés, mais en vain.

Après le départ du commandant, l’ancien  militaire à bord a décidé d’attacher  tous les passagers  à la vedette submergé  à l’aide des  cordes  sauf la personne la plus âgée  des passagers qui s’est opposé.  Après 10 heures passées sous l’eau attachée à l’embarcation, les rescapés étaient  repérés  par des pêcheurs de Bimbini (Anjouan). Ceux-ci ont, par la suite, prévenu les pêcheurs de Shindini qui sont venus à la rescousse pour les ramener vers l’île de Mohéli  où toutes les dispositions étaient prises par les autorités insulaires pour faciliter leur accueil. Ainsi, tous les passagers ont pu être sauvés à l’exception du plus âgé qui avait décidé  de partir seul au coucher du soleil.  Le bilan définitif de cet accident maritime est donc, d’un porté disparu et six rescapés.

Ouverture d’une enquête judiciaire

Suite à cet accident, la gendarmerie  nationale a ouvert une enquête pour  «  homicide involontaire et non-assistance  à une personne en danger » à l’encontre  du commandant de la vedette pour mieux appréhender les circonstances exactes de cette tragédie. La question qu’on  se pose est de savoir  jusqu’où ira-t-on avec cette procédure judiciaire quand on sait que l’enquête ouverte au lendemain du naufrage du  Madjiriha ( août 2011) ayant causé une  centaine  de disparus n’a pas encore aboutit. Il faut souligner  que le commandant de la vedette M.Togo originaire de  Hoani  (Mohéli) n’est pas à son premier accident. Cependant,  Il continue à exercer cette activité illégale  aux yeux de la législation contre contre l’avis de ses parents et  de ses collègues de la profession.

Recommandation de la FCC

La Fédération Comorienne des Consommateurs (FCC)  constate que ces dernières temps, les accidents maritimes  sont devenus fréquents dans cette zone   et aucune mesure  d’accompagnement (secours d’urgence, assistances médicales,  matériels…) n’a été prise jusque là par les autorités compétentes.  Ainsi, le cercle de la Fédération Comorienne des Consommateurs  de Shindini, lance une  recommandation  à la commune de Shindini,  au  COSEP et aux autorités gouvernementales ainsi qu’ aux organismes internationaux  pour qu’ils élaborent  un plan d’intervention local qui permettrait  en cas  d’accident maritime dans cette zone de navigation, de pouvoir intervenir  en temps réel et limiter les dégâts.

DARDAY  YOUSSOUF NOMBABA

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