Peut-on sauver le Centre de dialyse d’El-Maarouf?

Said MCHANGAMA : « En effet après une enquête au centre de dialyse d’El Maarouf et une rencontre  avec le  Dr Moundhirou, Saif Ali et Faissoil Mohamed ont publié un article  sur  le  site de la FCC et un message d’alerte le 2 juillet dans ce  forum. La  crise égyptienne est grosse  de  conséquence fâcheuse pour le centre qui est financé par une ONG égyptienne aux moyens diminués. Les responsables craignent  une fermeture. La FCC ne peut qu’alerter la population, particulièrement les patients, leurs familles, les professionnels  de la santé  et les associations contre les  maladies et pour la bonne marche du CHN.  La représentante de la FCC au conseil d’administration d’El Maarouf, notre vice-présidente Mme Nasrat Mohamed Issa, peut saisir la direction mais le  centre jouit d’une totale  autonomie. Le seul interlocuteur est le gouvernement.

La fermeture du centre qui traite 20 patients par jour  selon l’article  de Saif et Faissoil serait une catastrophe. » http://consommateurkm.com/?p=2766#more-2766

Docteur Ansufoudine : « Que faire? En plus qu’il sauve des vies, ce centre est notre fierté, le plus grand de l’océan indien en termes de capacité en machines (nombre de lits). En tant que médecin, je sais qu’en plus des malades suivis au long cours dans le centre pour dialyse, il y a des malades ayant été suivis dans des situations critiques pour des insuffisances rénales réversibles. Ils  ont bénéficié de quelques séances de dialyse leur ayant donné la vie sauve. Nous à Anjouan, avons eu à évacuer trois malades dans ces situations critiques d’insuffisance rénale réversible. Ces personnes ont totalement recouvré à ce jour leur état de santé et n’ont plus besoin de dialyse. Pour dire qu’il n’y a pas que les 20 personnes suivies en file active.

A mon avis, la première chose à faire c’est d’évaluer combien coûte une séance de dialyse pour chercher rapidement des moyens de financement alternatifs. Déjà en fonction du coût, connaissant la sensibilité du Président Ikililou pour les questions de santé, je pense qu’il pourrait être envisageable pour l’Etat de venir en assistance à ces 20 patients, car c’est d’une question de vie ou de mort qu’il s’agit en matière de dialyse, ces malades ne peuvent pas tenir une semaine sans dialyse.
Ensuite pour l’avenir, il est incontournable que le pays puisse trouve des moyens de financement alternatives à ces malades. »

ABOUDOU Assoumany : « Permettez un point de vue d’un comorien lambda sur ce centre de dialyse! En effet envisager sa fermeture serait une catastrophe; mais comment pouvoir le maintenir si nous nous contentons du fait que c’est un don d’une ONG d’un pays frère et jamais nous ne nous sommes posés la question de l’après que ces bienfaiteurs seront partis avec leur financement; c’est une attitude de toujours. On reçoit un projet financé sur don ou prêt on se contente de gérer le quotidien mais jamais on ne se pose la question de l’après projet dont il faut pérenniser les acquis. A ma connaissance seule l’expérience de la microfinance aux Comores a expérimenté la pérennisation des acquis des projets.

Est-il trop tard d’instaurer un montant à verser (qui reste à définir) dans un compte bloqué, intitulé « centre de dialyse », pour tout malade admis dans ce centre?  Ce montant ne serait pas utilisable tant que le centre bénéficie de dons de bienfaiteurs tout en continuant à rechercher d’autres sources de financement, ainsi le jour où l’ONG égyptienne arrêterait son concours financier le centre pourrait continuer à fonctionner nous faire vivre encore quelque temps. Réfléchissons-y car demain se prépare aujourd’hui!!

C’est mon appel à toutes les bonnes initiatives car nous sommes tous concernés! »

Aniami MCHANGAMA : « Je rejoins Assoumany Aboudou sur la problématique de la pérennisation de nos actions, pour ne pas dire projets. Bien que nous soyons les rois des projets, ces derniers restent toujours de court terme, voir immédiat. Nous somme de bons consommateurs et pas du tout économistes, et tout le problème est la. Pour qu’un investissement soit viable, il faut un peu de sueur de l’investisseur. »

Docteur Ansufoudine Mohamed : « La pérennisation oui. Mais entre nos cogitations d’intellectuels il y a quand même 20 personnes qui vont voir s’arrêter subitement et d’un moment à l’autre leur dialyse. Une dialyse ça ne peut pas attendre une semaine… »

Said MCHANGAMA : « Connaissant un peu le Dr Anssoufouddine Mohamed, cardiologue et point focal national des Maladies Non Transmissibles  et M. Assoumany Aboudou, Directeur général de l’Union des Meck et ancien Ministre des  finances, je pense pouvoir dire que chacun a poussé un cri du coeur, empreint de son ‘expérience professionnelle. Il faut tirer le centre de dialyse de l’ombre afin que les responsables de la santé et de l’état en général ne puissent pas faire semblant d’ignorer qu’il y a urgence à prendre  des décisions pour ne pas devoir considérer sa fermeture dans un avenir proche.

Positivons ce dialogue entre le médecin et le financier. Chacun appelle à prévenir la fermeture.  Il est rare dans notre pays que des responsables de différents métiers dialoguent sur des sujets d’intérêt public autres  que la politique et les affaires du village. Or la diversité (et la complémentarité) professionnelle, le  sérieux et la notoriété des acteurs pèsent beaucoup pour crédibiliser une campagne de sensibilisation et laisser un impact durable.

Il y a l’exemple d’une campagne pour l’évacuation sanitaire et le traitement  d’un enfant, d’une famille très pauvre.  Il y avait urgence, l’état n’offrait aucune prise en charge. Les Dr Djabir et Nassur S. Soimihi, respectivement chefs  du service des urgences et du service de médecine interne, m’alertèrent.  Je me suis appuyé sur la disponibilité et le professionnalisme de MM. Firozali Dramsi président de l’Organisation du patronat comorien(OPACO) et Mahamoudou Ali Mohamed PDG de la société CBE. En moins de 24 h la somme nécessaire fut réunie, les formalités achevées. La compagnie Air Austral s’était montrée  très  coopérative – et consentit une réduction.

Après 2 opérations similaires, la Fondation Bahia a heureusement pris le relais pour ce type d’assistance. L’association Hôpital Propre animée par Mme Myriam Mahamoudou s’attelle depuis deux ans à la tâche titanesque de la propreté d’El Maarouf. Depuis plus de 2 ans la collecte des prélèvements et leur envoi pour analyse anatomopathologique au CHU  de la Réunion, est assurée par l’Union Comorienne contre le cancer (UCCC). Les prélèvements des 3 îles sont centralisés à El Maarouf. Mouhtar Midiladji, un  jeune de Magudju, assure bénévolement ce travail discret qui sauve des vies  humaines. Seuls les frais de transport Moroni-Hahaya-Moroni sont couverts. Air Austral assurant gratuitement le transport aérien.

Ces exemples ne plaident pas pour la mise à l’écart de l’état. Bien au contraire. Le rôle de la société civile et des citoyens avertis est de contribuer à construire par des actions  citoyennes et professionnelles, un état soucieux du bien commun, efficace et efficient, transparent, respectueux  des lois et protecteur des plus faibles.

Dans des pays comme le nôtre, l’une des manières les plus effectives de faire bouger l’état consiste à démontrer dans la pratique, par des initiatives de la société civile, la faisabilité des activités et réformes prônées. La société civile ne se substitue pas à l’état, ne cherche pas à tirer avantage de sa faiblesse. Elle sensibilise, inspire, initie, démontre, éduque, entraîne et complète l’action de l’état.  Elle mène des actions de levier pour amener l’état à remplir ses obligations. Elle réagit face à l’urgence quand la lourdeur de l’état menace la sécurité de la population.

C’est le cas pour le centre de dialyse. Il est urgent de révéler sa situation précaire au public et placer les décideurs du pays face à leurs responsabilités.  Je suggère que M. Assoumani Abdou, si possible en compagnie de membres du forum qui se sentent concernés et disponibles,  prenne contact avec le Dr Moundhirou pour s’informer de la situation. M. Assoumani Abdou jouit d’une bonne réputation   et obtiendra plus facilement des autorités exerçant la tutelle technique et celles de la tutelle financière les informations permettant d’établir un état des lieux réaliste du centre et d’avancer des propositions pour son avenir.

Comme l’a affirmé avec force le Dr Anssoufouddine : je pense qu’il pourrait être envisageable pour l’Etat de venir en assistance à ces 20 patients , car c’est d’une question de vie ou de mort qu’il s’agit en matière de dialyse, ces malades ne peuvent pas tenir une semaine sans dialyse. Ensuite pour l’avenir, il est incontournable que le pays puisse trouve des moyens de financement alternatives à ces malades.

Assoumany Aboudou a avancé des propositions : « Est-il trop tard d’instaurer un montant à verser (qui reste à définir) dans un compte bloqué, intitulé « centre de dialyse », pour tout malade admis dans ce centre?  Ce montant ne serait pas utilisable tant que le centre bénéficie de dons de bienfaiteurs tout en continuant à rechercher d’autres sources de financement, ainsi le jour où l’ONG égyptienne arrêterait son concours financier le centre pourrait continuer à fonctionner nous faire vivre encore quelque temps.Réfléchissons-y car demain se prépare aujourd’hui!! »

Serait-ce rêver que de trouver 2 – 3 personnes dans ou à travers  ce forum pour chercher le dialogue avec les autorités et discuter de solutions ?

ABOUDOU Assoumany : « Bonjour et merci pour cet arbitrage. Permettez que je vous transmette les coordonnées de Monsieur Abdallah MHOMA président de la MCF (Mutuelle des Comoriens de France) à Marseille qui travaille dans la santé en partenariat avec une association qui s’appelle ESAD et d’autres. Monsieur Mhoma que je ne connais pas personnellement mais que je viens de contacter par l’intermédiaire de la présidente de ESAD une dame très dynamique dans le mouvement associatif en France avec des comoriens également. Nous devons élargir les contacts pour éviter une catastrophe! »

Dr Anssoufouddine MOHAMED : « Merci Président pour la relance de cette question. Je me souviens encore de cette mobilisation qu’il y avait pour l’évacuation de l’enfant.
Effectivement il y a eu ces cris de cœur avec un problème d’intercompréhension, mais cette question nous tenant tous à cœur et notre souci à nous étant  de voir ce centre fonctionner, je suis donc d’avis qu’il faut poser des actes,tel que vous le suggérez. »

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