Point sur la hausse des prix du carburant

Le dimanche 25 septembre 2011, le gouvernement a décidé d’augmenter les prix des produits pétroliers de 50f et cela pour une durée de 5 cargaisons. Il a justifié cette hausse par l’endettement de la société SCH, qui accuserait une perte sèche de 737 000 000 FKM par cargaison. Aucune mesure d’accompagnement n’a été prise pour compenser cette hausse et la conséquence fût la flambée des prix notamment le prix du transport.

La FCC a contesté cette décision lors d’une réunion d’information qui s’est tenue à Beit Salam mais cela n’a pas empêché l’état de proclamer et d’appliquer cette hausse dès le lundi 26 septembre 2011. Le lendemain, la FCC a déclaré que cette hausse était illégale et injustifiée, puis a demandé à l’état de revenir sur sa décision. Quelques jours plus tard, la FCC a pris l’initiative de convier les partenaires socioprofessionnels, comme  Wusukani Wa Masiwa et OPACO, concernés par ce problème à une réunion de concertation (ou réflexion).

Malgré les intempéries, le refus de la préfecture de délivrer une autorisation de manifester et la présence de l’armée et la gendarmerie, toutes les organisations, FCC, l’OPACO, WUSUKANI WA MASIWA, WANANTSI WAKOMORI, CTC et bien d’autres ont répondu présent lors de la manifestation du Samedi 8 Octobre 2011. Puis, le 10-11 octobre 2011 est organisé une opération ville morte, qui  a paralysée la capitale Moroni. Les organisateurs voulaient ainsi envoyer un signal fort au gouvernement pour un retour à la table des négociations.

En parallèle, samedi 8 octobre 2011 a été remis au collectif de protestation une autorisation d’audit de la SCH par un représentant du collectif, Mahamoudou Ali Mohamed de l’OPACO,  et un conseiller économique et financier du gouvernement. Cet audit avait été autorisé par décret datant du 4 octobre 2011.

Suit aux différentes actions, le collectif a été reçu par le président de l’Union, le mercredi 12 octobre, qui a assuré vouloir faire toute la lumière sur cette affaire. Il s’est engagé à faciliter le travail de la commission de contrôle. Mais la partie gouvernementale s’est dérobée, le conseiller économique et financier de la présidence a refusé d’accompagner Monsieur Mahamoudou Ali Mohamed dans les investigations.

Ce dernier, ayant eu le visas d’accès aux données de la SCH, le travail de contrôle a été fait et un rapport a été présenté au chef de l’état une semaine plus tard, soit le mercredi 19 octobre 2011.  Selon ce rapport, le prix de revient du litre est de 27 FKM au lieu des 60 FKM indiqué dans le rapport présenté en justification de la hausse. Il n’y a aucunes preuves comptables des 737 000 000 FKM de perte par cargaison. Enfin, seule une partie de la taxe unique a été reversé à l’état. Les conclusions de ce rapport indiquent qu’il n’y a aucune raison valable pour augmenter le prix du carburant.

Le président de l’Union s’est engagé à jouer la transparence en réunissant les protagonistes de ce dossier afin de confronter les chiffres. Mais après une semaine de silence,  et un débat organisé dans les médias où les infos et les intox se mélangent allègrement, la FCC a décidé de faire une conférence de presse pour clarifier sa position.

La FCC regrette que le gouvernement n’ait pas saisi la main tendue des organisations de la société civile pour un dialogue sérieux, et l’absence de transparence sur les problèmes de l’approvisionnement de carburant. Le gouvernement cache son impuissance en jouant l’arrogance et en violant les libertés. Ce gouvernement qui est légalement responsable de la crise, est aussi responsable de la détérioration de la situation sociale, de l’appauvrissement des familles et de la détérioration de l’économie de part son entêtement.

La FCC tient à souligner :

  1. L’audit a montré qu’il n’y a aucune dette répertoriée dans la comptabilité de la SCH et quand bien même il y en aurait eu, on ne paie pas ses dettes en augmentant le prix de vente, d’autres solutions existent comme le prêt bancaire.
  2. La SCH est une société d’état, ce monopole dans une économie libérale entraine des obligations comme d’assurer un meilleur approvisionnement, des prix abordables,…..Il incombe donc à l’état de pallier en cas de besoin aux insuffisances de la société (déficit, insuffisance de trésorerie….) et tout faire pour que le citoyen, le consommateur puisse accéder au produit ou service dans les meilleurs conditions possible.
  3. En augmentant le prix du carburant dans des proportions aussi importantes et surtout sans mesures d’accompagnements, l’état est entrain d’étrangler l’économie du pays, de paupériser encore plus une population déjà économiquement très fragile. Parce que les effets ne se sont pas fait attendre, les prix ont flambés et la crise énergétique continue de paralyser le pays.

La FCC est bien décidée à continuer le combat jusqu’à ce que toute la lumière soit faite sur l’opacité de la gestion de la SCH qui a aboutit à cette hausse du prix du carburant qui va étouffer encore plus notre économie embryonnaire. Elle userait de tous les moyens légaux pour dénoncer et faire annuler cette décision illégale et injustifiée. Elle rappelle que, le décret décidant de la hausse du prix du carburant, incluant parallèlement une baisse de la taxe unique est illégal dans la mesure où seul le parlement est habilité à créer, supprimer ou réviser des taxes.

Enfin, la FCC remercie les organisations et professionnelles qui ont répondu à son appel à l’action commune et se félicite de l’unité d’action qui a prévalu malgré les manœuvres et les intimidations des autorités. Elle appelle ses membres à garder le calme et la sérénité qui caractérisent notre organisation. La FCC va dans les jours et les semaines  qui viennent, proposer aux organisations sociales et professionnelles des actions pacifiques, puissantes,  pour lutter contre l’augmentation du carburant, levier  de la hausse généralisée des prix.

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