Promouvoir la norme ISO 26000 aux Comores.

La norme industrielle est un référentiel commun destiné à harmoniser l’activité d’un secteur donné. Elle est réalisée et publiée par un organisme spécialisé de normalisation comme (Afnor, CEN, ISO, OASIS….). Son application relève  d’un acte volontaire et non contraignante. Les normes ISO (International Standard Organisation) sont des référentiels internationaux d’application volontaire et dont l’objectif est de définir et de partager les bonnes pratiques (protocole de tests, vocabulaire, mode de management et d’assurance qualité, …) à travers les instituts nationaux  de normalisation de 159 pays.

L’adoption des normes ISO apporte une contribution positive  face aux problèmes  que traverse notre planète actuellement. Pour les entreprises, les normes sont des outils stratégiques permettant d’abaisser les coûts, en augmentant la productivité, en assurant une gestion durable des ressources et en réduisant les erreurs et les déchets à la source. Les normes ISO facilitent le commerce international, elles favorisent le partage des connaissances et contribuent à la diffusion du progrès technologique ainsi que des bonnes pratiques de management et d’évaluation de la conformité.

Egalement, les normes ISO offrent des solutions pérennes et des avantages  aux  différents secteurs d’activité de l’économie (agriculture, bâtiment, ingénierie mécanique, fabrication, distribution, transports, dispositifs médicaux, technologies de l’information et de la communication, environnement, énergie, management de la qualité, évaluation de la conformité …). C’est aussi  un outil efficace  pour la promotion du développement durable dans nos îles. Ainsi,  pour les Comores, petites Etats insulaires très fragiles, les normes iso  constitueraient un gage  pour  garantir une meilleure prise en compte des impacts environnementaux et sociaux, de bonne gouvernance et d’éthique  dans les activités de nos entreprises.

La norme ISO 26000 avec ses 7 questions centrales (gouvernance de l’organisation, environnement, communautés et développement local, questions relatives aux consommateurs, droits de l’homme, relations et conditions de travail, loyauté des pratiques)   est une norme  relative à la responsabilité sociétale des organisations, elle définit comment les organisations peuvent et doivent contribuer au développement durable. En outre, la norme ISO 26000 permet à chaque entreprise  de s’auto évaluer  sur la base des lignes directrices contrairement aux autres normes ISO qui demandent une expertise pour faire  la certification et les évaluations par des organismes agréés.

Mais  pour introduire  les normes ISO  dans notre pays, le gouvernement comorien devra d’abord commencer par les entreprises publiques (Comores Télécom,  Ma-Mwé, Comores Hydrocarbures….) en intégrant la norme ISO 26000 avec ses sept questions centrales à titre  d’expérimentation avant de les généraliser  dans les entreprises privées. En ce sens que  chaque pays et chaque organisation doit adapter  ce concept  à son rythme, à son environnement, et selon sa culture.

Une fois que le pays aura intégré la norme ISO 26000, l’entreprise comorienne  devra mettre en place les actions socialement responsables (formation des salariés, transparence dans les activités, une bonne communication interne et externe, renforcement  des droits de l’homme, améliorations des conditions de santé, d’hygiène, de sécurité, dialogue social, liberté d’exercice du droit syndical, bon équilibre  entre la vie privée  et la vie professionnelle, promotion du genre, prévention de la corruption, respect du principe de légalité, protection du consommateur ( étiquetage, information transparente et publicité, analyse de cycle de vie, Protection de la santé et de la sécurité des consommateurs, …), le respect de la diversité, la promotion de la politique du recrutement des handicapés, la promotion de la responsabilité sociale des fournisseurs et des filiales, ainsi que la sous-traitance, l’efficacité énergétique et  l’empreinte écologique de l’entreprise.

Cette approche permettra aux entreprises comoriennes de produire et de distribuer plus de biens et services à un prix compétitif répondant aux attentes de la population, tout en réduisant les impacts écologiques négatifs et un bon usage rationnel des ressources tout au long de leur cycle de vie.  Egalement, ces actions permettraient d’accroître la compétitivité de nos entreprises au niveau  régional, et surtout de lutter contre la corruption qui gangrène nos organisations publiques.

Enfin, force est de constater que cette démarche est une logique gagnant-gagnant qui vise la pérennisation de l’entreprise ainsi que  la motivation de ses parties prenantes.

 

DARDAY YOUSSOUF  NOMBABA

Responsable de la Commission du Développement Durable FCC

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