Rencontre FCC-APB, Jeudi 26 avril 2012.

La Fédération Comorienne des Consommateurs poursuit ses rencontres avec les dirigeants des banques.

Après le Gouverneur de la BCC le 12 mars 2012, une délégation de la FCC, composée de Mohamed Said Abdallah Mchangama, président, Nasrat Mohamed Issa, vice-présidente, Ali Chamassi, président du conseil d’administration et Youssouf Salim Abdallah, économiste, s’est entretenue avec M. Marc Athiel, Directeur de la BDC en sa qualité de responsable de l’Association Professionnelle des Banques (APB). Une première prise de contact assez fructueuse sur plusieurs points.

A la BCC, nous avons posé la question de la pénurie de pièces de monnaie. C’est un point important pour nous car, sans pièces de monnaie, le coût des produits grimpe rapidement. Le fait que les prestataires de service ne rendent pas la menue monnaie, relève le prix payé par le consommateur.

Le Gouverneur de la BCC, M. Mzé Aboudou Mohamed Chanfiou reconnait que les pièces bien que injectées régulièrement dans le circuit, se volatilisent. Nos pièces  contiennent un métal devenu coûteux et donc recherché, raison de cette disparition. Ce métal est revendu après hors du pays. Des mesures ont été prises et les prochaines pièces qui conserveront la même apparence auront une autre composition.

A la BCC, nous avons clairement posé la question des taux d’intérêt. Les banques empruntent au niveau de la BCC à un taux ne dépassant pas 3% mais prêtent au taux le plus fort de 14% quelque soit le client. Il y a aussi le souci des normes, la FCC demande la transparence, un minimum d’information doit être donné au consommateur.

Pour M. Marc Athiel, les taux sont plus élevés car non seulement, la BCC ré-finance très peu les banques mais, aux Comores, le client est souvent un client à risque. Principalement du fait que la justice est très lente, laxiste et ne protège pas le droit du créditeur de recouvrer son dû, ni d’être compensé des autres préjudices que lui cause un débiteur malhonnête.

Les solutions envisageables :

–          Affichage systématique des taux dans les banques à l’attention des usagers.

–          Syndication de plusieurs banques pour le financement des projets fiables et ainsi partage des risque entre les banques.

–          Différencier les activités classiques de banque et celles de micro finance.

–          L’APB est entrain de préparer la mise en place d’un code de déontologie.

–          Il peut aussi y avoir des financements par groupement comme cela se passe dans des pays comme le Benin. Des femmes ayant la même activité se constituent en groupe, et obtiennent un financement pour leurs projets. Il faut bien sûr un responsable qui soit en même temps l’interlocuteur de la banque.

Pour la FCC, il est primordial de mener cette politique de transparence au niveau de la population. Il faut former la population  à travers les représentants des localités et des organisations socioprofessionnelles (syndicats, associations féminines, associations de métiers, SYNACO, FNAC, OPACO, vendeurs des marchés…) à pouvoir évaluer le coût des prêts et autres services financiers.  Il faut éduquer le porteur de projet pour éviter le détournement des objectifs qui aboutit souvent à la faillite personnelle et/ou de l’entreprise ce qui ne profite pas à la banque et encore moins à son client.

Il y a eu convergence entre les interlocuteurs pour ériger la sécurité juridique en priorité nationale. La FCC est ouverte à une large coopération pour amener les responsables nationaux et les acteurs du système judiciaire à faire de la sécurité juridique un fondement de la stabilité du pays, de la concorde nationale, et du développement du pays.

Nous avons également sollicité la mise en place d’une radio spécialisée sur l’éducation et l’information du consommateur. « L’alphabétisation » financière et économique aurait une grande place.

La FCC exige que les institutions financières notamment les MECK, aient des conseillers financiers. Nous nous rendons compte que les MECK qui devraient aider au développement, ne financent que ceux qui ont les moyens de bloquer une somme en liquide ou en or équivalent à 40% du montant de l’emprunt.

 

Nasrat MOHAMED ISSA

Vice Présidente

 

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