Réunion d’information et de sensibilisation sur les droits des malades et l’accès aux soins en Union des Comores

DSCN9403La FCC a organisé samedi 19 Décembre, une réunion d’information et de sensibilisation sur les droits des malades et l’accès aux soins en Union des Comores.

Ont été invités à cette rencontre :

  • Le vice-président en charge de la santé
  • Le Président du conseil de l’île autonome de Ngazidja
  • Monsieur le Président du conseil de l’ordre des médecins
  • Monsieur le Directeur de Cabinet au conseil de l’île autonome de Ngazidja
  • Le Président de l’association des maires de Ngazidja
  • Des Maires et des chefs des villages
  • Madame la représentante de l’OMS aux Comores
  • Monsieur le représentant de l’UNICEF
  • Monsieur le Président de la commission des affaires sociales à l’assemblé en Union des Comores
  • Monsieur le Directeur National de la santé
  • Monsieur de Directeur Régionale de la santé
  • Monsieur le Directeur des établissements de santé publiques et privés
  • Monsieur le Directeur de l’hôpital El-Maarouf
  • Monsieur le Secrétaire Général de l’hôpital El-Marouf
  • Des médecins chefs de différents districts
  • L’association des agents communautaires de santé
  • L’association des sages-femmes
  • Les responsables des cercles de la FCC
  • Des représentants de la presse

Ont répondu à l’invitation :

  • Mr Ali Mhadji, Président de la commission des affaires sociales à l’Assemblé en Union des Comores
  • Dr M’madi Ibouroihima, Président du conseil national de l’ordre des médecins
  • Dr M’ssa Mliva, au nom de la représentante de l’OMS en voyage
  • Mme Farah Moussa, juriste Moroni Terminal, spécialiste du droit des malades des personnes vulnérables
  • Mr Achirafi Ahamed, Maire de Washili ya Mboini au nom de l’association des Maires
  • Youssouf M’mmadi, chef du village de Singani,porte parol des chefs de village de Hambou et de Bambao
  • Monsieur le Directeur de Cabinet du conseil de l’île autonome de Ngazidja
  • Dr Moundhirou Djoubeir, chef du service de dialyse au CNH El-Marouf
  • Dr Halifa Youssouf, chef des laboratoires au CNH El-Marouf
  • Mr Kamal Saindou, consultant en communication de l’OMS
  • Les représentantes de l’association des sages-femmes
  • Président de l’association des agents de santé communautaires
  • Mr Abdoulkarim Ahmed, Président de l’association NGOSHAWO
  • Mr Artadji Attoumane, doctorant en Télédétection, Environnement et Santé, IRD Université de la Réunion
  • Des représentants associatifs et des localités
  • Des étudiants
  • Les responsables des cercles de la FCC
  • Des représentants de la presse

Mr Said  Mchangama, président de la FCC a ouvert la réunion sur l’importance que chacun de nous doit attacher aux droits des malades tout en rappelant que la santé est une priorité de la FCC. De ce fait, des formations pour éduquer la population sur le droit des malades sont envisagées par la FCC. L’objectif de cette rencontre est de faire le point sur le cadre légal et règlementaire sur le droit des malades et l’organisation permettant l’accès aux soins. Tout aussi important est la perception des différents acteurs de la réalité de ces droits et de l’accès aux soins. Cette première réunion doit être suivie par d’autres, afin que les droits des malades deviennent une préoccupation constante et une priorité pour les partenaires de la santé, principalement le gouvernement, les autorités insulaires et les professionnels de la santé. Il  a  remercié l’OMS d’avoir initié la célébration de la journée mondiale de solidarité avec les malades qui s’est tenue le 5 décembre à l’hôtel le RETAJ  et a promis l’engagement de la FCC pour les futures célébrations.

Par la suite, Mr Said Mchangama a donné la parole aux intervenants :

Mme Farah Moussa, juriste  spécialisée en droit des personnes vulnérables, a relevé  les textes  qui  engagent légalement le pays (lois nationales,  conventions internationales, charte des Nations Unies). Les Comores ont adhéré à la convention universelle des droits de l’homme aux Nations Unies, la charte africaine de droit de l’homme et les conventions relatives des droits de l’enfant et de la femme. Toutes ces lois affirment  le droit à la santé. Elle  a aussi cité les textes nationaux qui réaffirment le droit des malades. Ces textes sont le code de la santé publique (définissant les soins primaires et les soins urgents, les soins gratuits et payants, la prise en charge de la santé mentale, la sécurité sanitaire des aliments, l’environnement, le control des frontière), le Code du travail (pour veiller sur la santé, la sécurité et hygiène des travailleurs). Il existe ce qu’on appelle caisse de prévoyance sociale qui sert à couvrir les accidents de travail et maladies professionnelles. Par contre il manque un code de sécurité sociale. Ce dernier définit les prises en charge du malade. Mme Farah Moussa a insisté sur les droits du malade à savoir le droit à l’accès aux soins immédiats, le droit à la continuité des soins, le droit au respect de la dignité, droit au traitement de la douleur, le droit au respect de la vie privée, le droit à l’information et le droit à l’intimité.

Youssouf Mmadi, chef du village de Singani, a avancé que la santé dépend beaucoup plus du gouvernement. Ce dernier ignore les droits du corps médical mais aussi la nécessité d’entretenir  les établissements hospitaliers. Les  médecins  se servent de cette situation pour  privilégier  leurs cliniques privés. Néanmoins il a accusé  les médecins  de ne pas informer les parents des malades   de  leurs actions et déploré l’inexistence d’enquêtes sur la responsabilité des médecins.

Dr  M’SSA Mliva de l’OMS, a montré que le droit des malades est la responsabilité de tous (le gouvernement, la famille du malade et les médecins). C’est pour cela qu’il y a eu la célébration de la journée mondiale de solidarité avec le malade célébrée pour la 1ère fois aux Comores. Cette journée avait comme but de faire savoir que le malade a droit à la santé.

Il a aussi avancé que l’OMS a pour objectif de veiller à la santé de la population tout en prévenant le gouvernement sur les lois établies relatives à la santé. Dr M’SSA Mliva a salué l’initiative de la FCC d’avoir organisé cette réunion par ce que c’est à travers des réunions pareilles que la population serait  sensibilisée sur leur droit la santé. Enfin il a  annoncé que l’OMS étudie la manière dont elle  va travailler avec des associations civiles pour améliorer le système sanitaire aux Comores.

Mr Ali Mhadji, président de la commission des affaires sociales à l’assemblé de l’union des Comores, a affirmé que les droits des malades est en effet une question de lois. Cependant, Mr le député  pense que la rédaction des lois doit tenir compte des traditions du pays telle que la religion. Il a affirmé qu’en étant  législateur, il est prêt à porter son aide sur les propositions de lois relatives aux droits des malades. Enfin il a  remercié Mme Farah Moussa pour les éclaircissements qu’elle a apportés sur les textes relatifs à la santé aux Comores.

Dr M’madi ibouroihima, président du conseil national de l’ordre des médecins, a remercié d’abord l’OMS et la FCC d’organiser  des réunions sur les droits des malades. Etant président du conseil national de l’ordre des médecins, son devoir est de veiller à ce que les médecins respectent ses obligations envers les malades et ses collègues de travail. Ces obligations  sont inscrites dans le code de déontologie médicale. Il a montré que le souci est que peu de gens connaissent ce qui est dit dans ce code. Cependant Dr M’madi Ibouroihima a fait appel au ministère de la santé d’organiser  une assise nationale pour actualiser le code de déontologie médical (qui date de 20 ans) en fonction de l’évolution de la science et de la société. Ceci permettra aux médecins de connaitre leurs devoirs envers les  malades.

Par ailleurs, Dr M’madi Ibouroihima a annoncé que  parmi les droits des malades, c’est d’être traité par un médecin inscrit sur la liste des médecins habilités d’exercer ses fonctions aux Comores. Le malade a droit à la bonne gouvernance et à la démocratie sanitaire.

Après les interventions, un débat qui était basé sur une série de question réponse a été ouvert :

Artadji Attouane, doctorant en télédetection, environnement et santé, a demandé comment les médecins réagissent par rapport aux mentalités comoriennes ? Par exemple dès que le malade se sent mieux il abandonne le traitement ou ne viens plus au rendez vous.

Mohamed Anssum  Tamou, juriste, stagiaire aux affaires étrangères a demandé pourquoi on acceptait  la commercialisation illégale de médicaments dans les rues et les boutiques. Il a aussi demandé s’il existe une loi sur l’accès au travail des handicapés.

Mme Karima, agent de santé communautaire, a  sollicité l’implication des  médecins pratiquants dans les  formations des agents de santé communautaire, dispensées par  Caritas et OMS et a également demandé comment faire appliquer les lois relatives aux droits des malades.

Kamal Saindou, journaliste consultant en communication de l’OMS a souligné qu’il y a un manque de communication des professionnels  de santé libérale et a demandé comment  peut-on  aider les malades à comprendre leurs droits.

Mr Mohamed Bedja, instituteur à la retraite, a affirmé que les fonds publics destinés aux malades sont mal gérés et ne bénéficient pas aux malades. Il a également avancé qu’il n’y a pas  de sanctions à l’égard des médecins commettant des erreurs professionnelles mais il  n’y a pas aussi  d’éducation sur la bonne conduite et de savoir vivre.

Mr Abdoulkarim Ahmed, président de l’association NGOSHAWO, a demandé s’il y a un moyen de vérifier si le médecin a respecté ses obligations par rapport aux droits des malades. Chez qui allez se plaindre en cas de maltraitance du malade ? Où est ce qu’on en est à propos de la démocratie sanitaire aux Comores?

Dr M’madi ibroihima a répondu certains des questions. Il a regretté que la justice jusqu’à présent ne donne pas suite à ses plaintes contre les faux médecins.

Un deuxième volet d’intervention a suivi :

Mme Subirat Mohamed Bedja, membre de la FCC et coorganisatrice de la réunion, a annoncé qu’un groupe de suivi des droits des malades est mise en place à la FCC.

L’intervention de Dr  Moundhirou Djoubeir, chef du service de dialyse à l’hôpital El- Maarouf,  a insisté sur la complexité de ses patients. Il a deux sortes de patient à traiter, des malades sous traitement à vie(les dialysés) et les patients qui peuvent être guérit. Cependant, il a avancé que certains de ses patients ont des difficultés de suivre leur traitement à  cause de leur travail. Ils privilégient leur travail que leur santé par peur de le perdre. Dr Moundhirou Djoubeir a demandé à ce qu’il ait une loi protégeant ces personnes malades à avoir accès aux soins médicaux sans pour autant perdre leur fonction et il appelle la population à se soucier de leur santé.

Mr Achirafi Ahmed, Maire de washili ya Mboini et ancien coordinateur du projet SIDA, a montré les lois relatives aux droits des malades qui complémentent les lois déjà citées par Mme Farah Moussa à savoir la déclaration d’alma Ata (qui définit les soins primaires), initiative de Bamako qui prend en charge la santé en Afrique.

Dr Halifa Youssouf, responsable des laboratoires de l’hôpital El-Marouf, a rappelé que le droit des malades date depuis l’antiquité. Il a aussi appelé les journalistes à sensibiliser d’avantage la population sur les droits des malades. En outre, Dr Halifa Youssouf  a annoncé qu’il n’existe pas encore un médecin légiste aux Comores alors que c’est parmi les spécialités indispensables dans un pays vis-à-vis des droits des malades. Il suggère les personnes souhaitant exercer dans le domaine de la médecine de penser à cette spécialité.

Ibrahima Hamadi Sidi, conseillé pédagogique, a insisté sur le traitement des malades admis aux urgences.il a proposé à ce qu’il ait un fond spécial des malades admis aux urgences pour qu’ils puissent être traité à temps.

Enfin, Mr Abasse Moindjie, journaliste à l’ORTC, a suggéré la sensibilisation de la population d’être responsable de leur santé. Il a aussi rappelé le conseil national de l’ordre des médecins de prendre leur responsabilité.

Conclusion :

Il a été décidé de constituer un groupe pour proposer un plan d’action pour le suivi des droits des malades aux Comores.

Rapporteur SUBIRAT Mohamed Bedja

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