Taux Effectif Global (TEG) : Le connaître et vous en servir pour ne plus rembourser à la banque, plus que vous ne croyiez.

Banque Centrale des Comores2015 a été une bonne année pour l’avenir du consommateur dans ses relations avec les établissements de crédit.

La Banque Centrale mérite les félicitations du consommateur et des clients professionnels pour avoir patiemment œuvré ces dernières années à la mise en vigueur du Taux Effectif Global. Le TEG, applicable à partir du 1er avril est l’outil, qui permet au consommateur de savoir exactement ce qu’il doit payer à la banque pour le prêt demandé. Faute de TEG, le client s’en tient au taux nominal annoncé, or il y a d’autres frais et coûts qui viennent renchérir le prêt. Le couple qui emprunte pour couvrir le coût des études des enfants ou agrandir la maison, Le jeune entrepreneur qui ouvre sa boutique, évaluent leurs capacités de remboursement sur le taux nominal et se trouvent rapidement en difficulté, car les sommes à débourser dépassent les montants budgétisés. Sans Taux Effectif Global, l’établissement de crédit n’est pas tenu d’informé le client des frais « cachés ».

Dans les justifications de la mise en place du TEG, il ressort que « …la Banque Centrale doit veiller à ce qu’un consommateur à qui un établissement fait une offre de crédit, puisse disposer d’éléments d’information suffisants pour lui permettre d’avoir une vision claire sur les modalités du crédit proposé, notamment ses conditions d’octroi et son coût réel. »
Les articles 2,3 et 5 du Règlement N° 12/2015/BCC/DSBR exposent bien sa définition, les éléments qui le composent et comment le calculer.
http://www.banque-comores.km/DOCUMENTS/R%C3%A8glement_012_TEG.pdf

La BCC donne un exemple d’un prêt au taux nominal de 10% et qui, une fois l’assurance et les autres frais inclus, se révèle être de 12,01%. Sur un prêt de 5 000 000 KMF, 2% c’est environ un mois de salaire d’un cadre moyen. C’est plus qu’il ne faut pour déséquilibrer le budget d’une famille. Et là, la BCC a naturellement choisi un exemple « comme il faut ». Mais de Wall Street au Pôle sud, les banques sont comme les humains. Pour qu’il y ait sincérité dans les transactions, il faut de la transparence et des connaissances partagées de part et d’autre.
Le TEG doit être connu. La presse en a parlé à l’annonce de sa mise en place, les rares journalistes spécialisés reviennent parfois, mais il faut plus d’éclairage. Il doit faire l’objet de campagnes d’informations récurrentes et être enseigné aux techniciens de la FCC et des organisations professionnelles afin que ceux -ci soient capables conseiller leurs membres quand ils contractent un prêt, notamment en comparant les offres concurrentes des banques.

Le TEG ne va pas bouleverser le pays, mais c’est un facteur important de modernisation des relations entre les établissements de crédit et les clients, par l’introduction de plus de transparence et de concurrence dans le secteur financier. Le consommateur, éclairé sur les conditions et le coût réel d’un prêt, pourra s’engager sur une base réaliste. Des relations de confiance remplaceront un face à face basé sur le seul rapport de forces. L’éducation et un crédit compétitif sont des éléments incontournables du développement économique. Un crédit transparent et abordable s’ajoutera aux incitations administratives et aux exonérations financières pour motiver les jeunes. Le TEG ne produira les effets escomptés que si les consommateurs et les clients s’en approprient et les banques jouent le jeu. Il ne suffit pas de l’afficher. Les banquiers doivent être volontaristes dans l’information aux clients.

Cette nécessité d’informer sur son importance se justifie pleinement quand on voit que le gouvernement qui a fait adopter la loi bancaire 13-003/AU du 12 juin 2013, qui a rendu possible la mise en place du TEG, semble ne pas se rendre compte de son potentiel et n’en parle pas. Une loi comme tant d’autres qu’on oublie vite. Nous disons au gouvernement que cette loi est bonne, et que l’existence du TEG doit être connue de chaque ministre, de chaque candidat ministre d’opposition ou de la majorité, de chaque député, chaque conseiller, de chaque maire et de tous ceux qui ont un compte dans un établissement qui prête de l’argent. Connu et utilisé.

Rappelons que le TEG est une revendication de la FCC depuis 2012. Le 10 juin 2012, nous avions organisé un atelier sur le Consommateur et la Banque, où nous avions invité comme intervenants,
Messieurs Said Abdallah Cheikh Soilih, conseiller technique du Vice-président chargé du ministère des finances, Mohamed Soule Islam, commissaire chargé des finances de l’Ile de Ngazidja, Marc Athiel, président de l’Association Professionnelle des Banques et institutions financières décentralisées (APBF), Attoumane Boina Issa, économiste national au PNUD, Fahami Thabit, président du l’UCCIA (Union des chambres de commerce d’industries et d’agriculture), Said Abdou Salime, coordinateur national du projet « Assistance pour la mise en œuvre du cadre intégré renforcé. M. Hamidou Mhoma, Directeur de l’Imprimerie Graphica et ancien chargé d’affaires entreprises à la Banque Française Commerciale de l’Océan Indien (BFCOI) à la Réunion, était le principal formateur. Les échanges ont porté sur la cherté relations entre les établissements et la clientèle, le coût effectif du crédit, les risques encourus par les banques et la transparence.  http://consommateurkm.com/atelier-fcc-les-banques-coutent-trop-cher/

La FCC, a alors demandé la mise en place du TEG et du Taux d’usure, au-dessus duquel, l’établissement de crédit encourt des sanctions. Reconnaissons la disponibilité du Gouverneur de la BCC M. Mze Aboudou Mohamed Chanfion et ses collaborateurs pour un dialogue toujours courtois avec la FCC sur la modernisation des services bancaires au profit du consommateur et encourageons les à aller de l’avant. Des mesures qui demandent à être plus connues ont été prises dans le sens de la transparence, de l’atténuation des risques et du professionnalisme des banques. Les responsables de la FCC se réjouissent avec notre Vice-présidente Mme Nasrat Mohamed Issa, de ce pas important. C’est elle qui pilote l’axe Crédit, Relations Consommateur-Banque et l’inclusion financière. Nul doute qu’elle sollicitera le soutien de la BCC, de l’APBF, des établissements de crédit, de l’état et éventuellement des partenaires au développement pour les nécessaires campagnes d’information et de formation sur le TEG.

Par Said Mchangama

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Photo de la BCC

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